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Volume 46, numéro 31 | 26 mai 2011

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Nouveaux espaces scéniques

Les recherches menées au Laboratoire des nouvelles technologies de l'image, du son et de la scène (LANTISS) seront en vitrine à la Quadriennale de Prague

Par Julie Bouchard

Qui dit «carrefour» est bien obligé de penser au pluriel. Et quand le pluriel vise le monde du théâtre, on se retrouve en plein Carrefour international de théâtre de Québec, où Robert Faguy et Jacques Plante présenteront bientôt les travaux de recherche en scénographie qui les amèneront à Prague en juin.

Robert Faguy est directeur des programmes de premier cycle en théâtre à la Faculté des lettres et directeur du LANTISS. Son voisin de cour de longue date, Jacques Plante, est architecte et professeur à l’École d’architecture. Tous deux feront bientôt partie de la représentation canadienne à la 8e «Quadriennale de Prague pour le spectacle vivant: espace et design», gigantesque événement consacré aux différentes disciplines des arts de la scène où se croiseront les représentants de plus de 70 pays, du 16 au 26 juin. Endroit rêvé pour faire valoir de nouveaux horizons théâtraux devant des milliers de scénographes, concepteurs sonores, costumiers et architectes, qui pourront alors observer sous tous leurs angles les maquettes du Castelet électronique et de l’Opéra-palette.

Un castelet vivant
Pinocchio et Polichinelle ont vécu dans des espaces scéniques bien différents de celui qui a été conçu et développé au LANTISS. Mais il est aussi vrai que ces marionnettes sont devenues célèbres à une époque où l’espace scénique ne prétendait pas au rôle de personnage. Et sans doute que Polichinelle ne saurait sur quel pied danser dans le Castelet électronique conçu au LANTISS.

Né en 2002, ce castelet est le premier projet d’envergure du LANTISS, qui a développé cet outil de mise en scène en collaboration avec le Laboratoire de robotique du Département de génie mécanique. Et s’il n’existe aujourd’hui qu’à une échelle réduite (10:1), le Castelet électronique préfigure sans doute l’espace scénique de demain. Composé de petits blocs actionnés par des moteurs, le plateau de scène mobile est contrôlé par un programme informatique, si bien qu’«on peut programmer une scénographie du point A au point B et travailler le mouvement de la scène en y introduisant une rythmique», explique Robert Faguy qui espère animer le plateau d’un mouvement réellement vivant.

«Auparavant, la mécanique de scène ne servait qu’à changer le décor mais, maintenant, on met en scène la machine qui devient de plus en plus spectaculaire. De par sa mobilité, le Castelet est un personnage en lui-même».  Un «personnage» qui fait aussi rêver l’architecte: «C’est un projet excessivement prometteur, lance Jacques Plante. Il me permet d’imaginer des murs, des plafonds modulables en fonction d’une acoustique précise, des gradins réagissant aux soubresauts du spectacle…». Un espace scénique, des murs et des gradins que Jacques Plante a déjà imaginés autrement.

L’Opéra-palette
Que faire avec des palettes de manutention? Habitué de faire dévier les objets de leur fonction première, Jacques Plante en a fait un espace opératique plus vert que vert. L’idée, toute simple, n’a rien de banal: il s’agit de disposer des palettes horizontalement pour former des colonnes structurales, ou verticalement pour former des portions de murs qui peuvent servir d’écrans tridimensionnels de projection. Il s’agit surtout d’utiliser temporairement des milliers de palettes pour constituer un espace unifié entre scène et salle, ou «des espaces de jeu et d’observation qui se confondent par leur unicité», peut-on lire dans Architectures du spectacle au Québec, publication dirigée par Jacques Plante et qui servira de trame à une autre exposition présentée à la Quadriennale.

Projet ambitieux, l’Opéra-palette a d’abord été conçu pour occuper la cour intérieure du Conservatoire de musique de Québec. Mais plus qu’un projet scénographique, l’Opéra-palette propose un autre «mode d’intervention sur l’espace opératique, une façon de faire, d’assembler, d’empiler et d’attacher un objet banal et anonyme – la palette de manutention» de façon à composer un espace scénique «total»: un espace sans frontière entre terre et ciel, entre vie réelle et vie artificielle, entre acteurs et spectateurs.
   
Demain, vendredi 27 mai, à 12 h, au Café-bar Le Zinc (336, rue du Roi), Robert Faguy prononcera, pour donner un avant-goût de Prague, une conférence sur les recherches menées au LANTISS. Cette conférence est organisée par l’Institut Technologies de l’information et Sociétés (ITIS) de l’Université Laval.

Marc Robitaille

Conçu en 2002, le Castelet électronique du LANTISS préfigure de l'espace scénique de demain.

Photo: Marc Robitaille

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