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Volume 53, numéro 3 | 14 septembre 2017

Arts

Quand le numérique fait corps avec la danse

Les visiteurs de la Maison pour la danse de Québec pourront apprécier une installation technologique du doctorant Jean-Ambroise Vesac

Par Matthieu Dessureault

Avec ses grandes fenêtres et son architecture moderne, la Maison pour la danse ne manque pas d’attirer le regard dans le quartier Saint-Roch. Ce bâtiment, inauguré à la fin août après neuf années de réflexion et de travail, est un centre de création et de développement consacré à la pratique professionnelle de la danse. Résidences d’artistes, spectacles, conférences et expositions, entre autres initiatives, sont au programme. Les trois étages sont divisés en studios et en bureaux adaptés pour accueillir les danseurs, les chorégraphes et le grand public.

Chaque jour, tous ces gens passeront devant une œuvre d’art numérique de Jean-Ambroise Vesac. Installée sur le mur du hall d’entrée, là où les danseurs se déchaussent, Faire corps est une installation interactive qui réagit au mouvement des visiteurs. Des capteurs, installés derrière l’œuvre, activent des lumières qui révèlent des images sur une série de petits écrans. Peu à peu, une figure se dévoile, celle d’un personnage symbolisant la diversité des utilisateurs du lieu. «Cette œuvre traduit le déplacement des corps dans l’espace. Je me suis mis dans la peau de quelqu’un qui entre dans le couloir en laissant derrière lui le stress de l’extérieur. L’œuvre représente cette transition dans le mouvement», explique le doctorant en arts numériques, dont le dispositif invite les passants à générer ensemble des animations lumineuses.

L’aspect participatif de l’œuvre fait référence à la mission de la Maison pour la danse, celle d’être un lieu de synergie et de rencontre. Sa création relève d’un long processus au cours duquel l’artiste a conçu une maquette et expérimenté divers procédés informatiques. Chaque petit dessin sur les écrans a été réalisé à partir d’un logiciel dont les paramètres ont été modifiés. «J’ai eu recours au glitch, un procédé qui consiste à esthétiser des erreurs provenant d’un bogue numérique. En grossissant les images, j’ai été surpris d’y voir des formes et d’y reconnaître des éléments, un peu comme si l’algorithme du logiciel se révélait», indique l’artiste, qui a effectué ce travail dans un laboratoire de La Chambre Blanche.

L’œuvre a été produite dans le cadre du Programme d’intégration des arts à l’architecture, aussi appelé «politique du 1%», qui consiste à allouer 1% du budget de construction d’un bâtiment à la réalisation d’une œuvre d’art. Fait particulier: il s’agit de la deuxième œuvre interactive à voir le jour à Québec, après celle de Jonathan Villeneuve au Centre Vidéotron. Le directeur général du Groupe Danse Partout et de La Rotonde, Steve Huot, qui faisait partie du comité de sélection du projet, admet que le recours au numérique était un pari audacieux. «Nous avons profité de la politique du 1% pour prendre des risques. D’abord, il était audacieux d’offrir à l’artiste une place aussi centrale, soit le premier mur que l’on voit en entrant dans l’immeuble. Le concept de Jean-Ambroise Vesac, qui signe sa première intervention dans le cadre de la politique du 1%, nous a charmés. Il a réussi à faire des liens entre plusieurs éléments qui sont au cœur de la Maison pour la danse, comme la collaboration, la synergie et les possibilités créatives. Sa proposition nous a surpris et nous a plus énormément», dit-il, pas peu fier du résultat.

Au tour des visiteurs, maintenant, de «faire corps» pour donner vie à cette œuvre!

La Maison pour la danse est située au 336, rue du Roi. Pour plus d’information 

Maison pour la Danse

Photo: Maxime Daigle

La Maison pour la danse a été inaugurée à la fin août après neuf années de réflexion et de travail.

Jean-Ambroise Vesac

Faire corps se veut une célébration de « l’être ensemble, de l’émulation qui naît de la rencontre des corps ».

Photo: Jean-Ambroise Vesac

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