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Volume 52, numéro 10 | 17 novembre 2016

Actualités UL

Un outil pour protéger notre culture

L'Université inaugure la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, qui viendra apporter une aide juridique dans ce domaine

Par Matthieu Dessureault

Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles: derrière ce titre se cache un objectif essentiel, celui de préserver le droit des États de soutenir la culture. Le défi est de taille puisque les accords de libre-échange tendent à limiter l’exercice de ce droit. Signé à Paris en 2005, ce traité de l’UNESCO reconnaît la double nature, économique et culturelle, des biens et des services culturels, de même que le droit des États d’adopter des politiques en faveur des diversités culturelles.

«Il s’agit d’un instrument important pour le Québec et le Canada, qui ont été des acteurs de premier plan dans la mobilisation de la communauté internationale sur la question. L’État qui souhaite investir dans le soutien aux arts et à la culture doit pouvoir le faire. Or, ce soutien tend de plus en plus à être remis en question par la signature d’accords de commerce. Tous les citoyens sont directement concernés puisque leur droit de participer à la vie culturelle de leur propre société peut être affecté. Le but de la Convention n’est pas de lutter contre l’ouverture au monde, mais bien de préserver notre droit de soutenir nos artistes et nos expressions culturelles, de même que notre droit d’avoir accès à ces dernières», explique la professeure de droit international Véronique Guèvremont.

La Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, dont elle est l’heureuse titulaire, portera précisément sur la Convention. Elle étudiera les aspects juridiques de sa mise en oeuvre, en plus de s’intéresser aux enjeux liés au numérique. Des chercheurs seront formés autour de différents thèmes, comme l’intégration de la culture dans les politiques de développement durable ou le pouvoir d’intervention des États dans l’environnement numérique. Tout en produisant une réflexion indépendante, ils mettront leur expertise au service de l’UNESCO et des principaux acteurs concernés, notamment les artistes et les professionnels de la culture.

Ceux qui sont familiers avec le parcours de la professeure Guèvremont ne s’étonneront pas de son arrivée à la tête de la nouvelle chaire. Vice-doyenne aux études supérieures et à la recherche à la Faculté de droit et professeure à l’Institut québécois des hautes études internationales, elle possède une feuille de route impressionnante dans le domaine du droit international de la culture. Elle a notamment agi à titre d’experte associée au Secrétariat de l’UNESCO lors des négociations de la Convention, de 2003 à 2005. Avec le professeur Ivan Bernier, l’un des rédacteurs du traité, elle a fondé le Réseau international de juristes pour la diversité des expressions culturelles, devenu une référence dans le domaine. «C’est à la fois une grande fierté et un honneur d’être titulaire de la Chaire UNESCO. La Convention est un outil de dialogue interculturel qui peut nous aider à mieux comprendre l’autre et à apaiser certaines tensions. Je pense que cet instrument va voir son importance augmenter dans les prochaines années. C’est un honneur aussi de poursuivre les travaux du professeur Ivan Bernier. Considéré comme le père de la Convention, c’est lui qui a éveillé mon intérêt pour cette question. À mon tour maintenant de prendre le flambeau et de faire cheminer la réflexion sur le sujet», dit-elle.

Plus qu’une activité protocolaire, le lancement de la Chaire sera suivi d’un colloque sur l’avenir de la culture à l’ère numérique. Organisé en collaboration avec le Centre d’études sur les médias, l’événement réunira plusieurs experts, dont des universitaires, des politiciens, des juristes et des représentants des médias. Les nouvelles pratiques de consommation culturelle, les bouleversements de l’industrie et les défis pour l’État font partie des sujets qui seront explorés.

Le colloque «L’avenir de la culture à l’ère numérique: les défis pour l’État» se déroulera le 18 novembre, de 9h à 17h, au local 2330 du pavillon Gene-H.-Kruger. Programmation complète.


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Christina Cameron, de la Commission canadienne pour l’UNESCO, François Pothier, du Vice-rectorat aux études et aux activités internationales, Véronique Guèvremont, titulaire de la Chaire, Simon Brault, du Conseil des arts du Canada, Danielle Cliche, de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, Eugénie Brouillet, doyenne de la Faculté de droit, et Michel Lafleur, du Ministère des relations internationales et de la Francophonie, lors du lancement de la Chaire, qui a eu lieu le 17 novembre au Musée national des beaux-arts du Québec.
Photo: Louise Leblanc

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