Faire du tourisme créatif, vous y avez déjà pensé? C’est désormais possible à Saint-Jean-Port-Joli, où l’on peut créer des oeuvres en collaboration avec des artistes. Cette municipalité située dans la région de Chaudière-Appalaches propose des parcours où les créateurs ouvrent volontiers leurs portes au public. Ce projet, une première au Canada, provient d’un partenariat entre le Musée de la mémoire vivante de Saint-Jean-Port-Joli et l’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval (IPAC). Une vingtaine d’étudiants y ont contribué, sous l’égide du professeur et directeur de l’IPAC, Habib Saidi.

Concept fort populaire en Europe, le tourisme créatif apporte de nombreux avantages, selon lui. Il le voit d’ailleurs comme une voie d’avenir pour le tourisme culturel. «Saint-Jean-Port-Joli est un village d’artistes, de sculpteurs surtout. Les visiteurs peuvent vivre une expérience authentique et originale. La co-création d’une oeuvre permet l’apprentissage d’un certain savoir-faire. Elle élargit le champ du patrimoine en tant qu’objet de ville touristique.»

Habib Saidi fait partie des quinze professeurs qui ont été honorés lors de l’Hommage aux innovations sociales en avril dernier. Cette activité visait à souligner le rayonnement de membres de la communauté universitaire en collaboration avec des milieux utilisateurs. Devant le succès de l’évènement, l’Université a décidé de créer un fonds spécifiquement dédié à l’innovation sociale.

Ce nouveau programme offre un soutien financier pour la réalisation d’activités de mobilisation et de transfert d’expertise dont l’objectif est de favoriser l’appropriation par une organisation d’une solution innovante qui répond à un problème social. Il vise, de plus, à encourager la soumission de projets plus ambitieux auprès des grands organismes subventionnaires. Ce fonds est destiné aux professeurs réguliers de toutes les disciplines. Cinq subventions totalisant 50 000$ seront accordées pour la période 2014-2015. «Depuis qu’elles existent, les universités contribuent de façon exceptionnelle au progrès de notre société. À l’Université Laval, nous avons souhaité être des pionniers dans la reconnaissance de cette contribution. Très peu d’organisations ou de programmes financent l’innovation sociale. C’est pourquoi nous avons créé ce fonds», explique Sophie D’Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création.

Fannie Lafontaine, dont le projet a été honoré lui aussi au printemps dernier, se réjouit de l’initiative. Cette professeure de la Faculté de droit est à la tête de la Clinique de droit international pénal et humanitaire. Il s’agit d’un organisme qui offre gratuitement des services de recherche et de rédaction juridiques à des avocats, des organisations non gouvernementales et des victimes de violation des droits humains. Depuis sa création en 2008, quelque 300 stagiaires ont apporté leur contribution à des dossiers juridiques importants. Ils ont collaboré avec des organismes tels que Peace and Justice Initiative, Avocats sans frontières et Amnistie internationale. «Les professionnels obtiennent un soutien très précieux de la part de ces étudiants. De leur côté, les étudiants gagnent une expérience pratique unique. Ce modèle que nous avons adopté est particulier. Qu’il soit reconnu à titre d’innovation sociale par l’Université Laval, nous en sommes très fiers et très contents», souligne la professeure.

Pour en savoir plus: information sur les modalités du Fonds de soutien à l’innovation sociale