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Volume 53, numéro 29 | 20 juillet 2018

Actualités UL

Le passé toujours présent

Les résidences étudiantes mettent en valeur cinq personnalités ayant contribué au développement de l'Université

Par Yvon Larose

Biermans-Moraud, Lacerte, Lemieux et Parent ne sont pas que les noms des quatre résidences étudiantes du campus. Ce sont aussi les noms de famille de cinq personnalités qui, chacune à sa manière, ont contribué, dans le passé, au développement de l’Université. Grâce à l’initiative du Service des résidences et à la collaboration du Service de reprographie de l’Université Laval, il est désormais possible d’en apprendre davantage sur l’une ou l’autre de ces personnalités dans chacun des pavillons. Le moyen employé consiste en une murale de grande dimension comprenant une photo d’archives grand format en noir et blanc et un texte biographique d’accompagnement.

«Notre objectif était de stimuler le sentiment d’appartenance des résidents, explique le directeur du Service des résidences, Mathieu Gagnon. Les membres de la communauté universitaire, en général, ne connaissent pas ces personnalités du passé. Aux résidences, sur plus de 2 300 personnes, 60% proviennent de l’étranger. Par cette initiative, nous souhaitons donner à nos résidents et aux membres de la communauté universitaire le goût de connaître l’histoire de l’Université.»

Le projet de murales a débuté il y a environ un an. Il a pris fin, en mai dernier, au pavillon Agathe-Lacerte, situé sur l’avenue de la Médecine. L’endroit, réservé aux étudiantes, compte 480 chambres à occupation simple. Il a ouvert ses portes en 1965, tout comme le pavillon Alphonse-Marie-Parent. Au rez-de-chaussée, deux grands escaliers miroirs conduisent à l’étage. Durant la montée, une très grande photo de 190 centimètres sur 261 centimètres capte l’attention. Elle montre Agathe Lacerte dans un contexte de diplomation il y a de cela de nombreuses années. Le texte d’accompagnement, superposé sur l’image du blason de l’établissement, mentionne qu’elle fut la première femme professeure à l’Université Laval. Elle a fait ses études aux cycles supérieurs à la Sorbonne et à l’Université de Madrid. Elle a enseigné le français, l’anglais et l’espagnol. En 1937, elle cofondait les cours d’été de français à l’Université, dont elle fut la directrice générale jusqu’en 1954. À compter de 1948, elle enseigne au Département d’études hispaniques, qu’elle a créé.

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Murale au pavillon Agathe-Lacerte

Photo : Mathieu Gagnon

Deux pavillons portent les noms de religieux, le Lemieux et le Parent. Le premier, ouvert en 1962, est situé sur la rue de la Vie-Étudiante; le second se trouve sur la rue de l’Université. Durant sa carrière à l’Université, Mgr Ernest Lemieux occupe les fonctions de professeur et d’administrateur. Il est doyen de la Faculté de théologie et supérieur du Grand Séminaire. En 1952, il est nommé prélat domestique du pape Pie XII. Surintendant des travaux de la cité universitaire, il dirige les premiers chantiers du campus actuel.

Sur les cinq personnalités, Mgr Alphonse-Marie Parent demeure le plus connu. De 1961 à 1966, il préside la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec et contribue ainsi à la réforme du système d’éducation. Durant sa carrière d’éducateur et d’administrateur à l’Université, il occupe les fonctions de doyen de la Faculté de philosophie, de secrétaire général, de vice-recteur et de recteur. Il a aussi été vicaire général du diocèse de Québec, de 1954 à 1960.

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Murale au pavillon Alphonse-Marie-Parent.

Photo : SREP

Le pavillon Biermans–Moraud a ouvert en 1957 sur la rue de l’Université. Les deux personnalités en lien avec ce bâtiment ont en commun d’avoir versé d’importantes sommes d’argent, comme philanthropes, à l’Université Laval. Le premier est décédé en 1953 et le second en 1951. D’origine hollandaise, l’ingénieur et administrateur Jean-Hubert Biermans travaille dans différents pays dans le secteur des chemins de fer avant de s’établir à Shawinigan, au Québec, en 1900. Lucien Moraud, pour sa part, est avocat, homme d’affaires, puis sénateur. Il enseigne le droit à l’Université Laval, en plus d’être membre du Bureau des gouverneurs à l’Université. En 1945, il fait partie de la délégation canadienne au congrès qui fonde les Nations unies.

«Ce pavillon montre les retombées possibles de la philanthropie, soutient Mathieu Gagnon. Messieurs Biermans et Moraud ont donné il y a des dizaines d’années et l’édifice est toujours là.»

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Les murales au pavillon Biermans-Moraud.

Photo : SREP

Au fil des décennies, la clientèle des résidences a évolué, à l’instar de la société québécoise. «Nos résidences ont d’abord accueilli de jeunes hommes de l’est du Québec, précise-t-il. Avec le Lacerte, les jeunes femmes sont arrivées. Et depuis le début des années 1980, l’Université accueille les étudiants étrangers. Malgré le passage du temps, l’infrastructure des édifices demeure à propos.» Mathieu Gagnon qualifie les murales de «travail bien fait, sobre et peu coûteux». Selon lui, les murales peuvent être un bon exemple à suivre pour d’autres pavillons de la cité universitaire. «Qui connaît Alphonse Desjardins, Charles De Koninck ou Adrien Pouliot?», demande-t-il.

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Jean Lemieux, ancien vice-recteur à l'administration de l'UL et petit-neveu de Mgr Lemieux.

Photo: Mathieu Gagnon

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