Vous craignez que votre bébé contracte le virus de l’influenza et que des complications nécessitent son hospitalisation? Vos craintes devraient plutôt être dirigées vers un virus respiratoire qui fait beaucoup plus de dommages que l’influenza chez les petits Québécois. Selon une étude qui vient de paraître dans la revue Infection, plus de la moitié des enfants de moins de deux ans admis à l’hôpital en raison d’une infection respiratoire pendant la saison grippale étaient infectés par le virus respiratoire syncytial (VRS).

C’est ce qu’ont découvert des chercheurs de la Faculté de médecine, du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval et de l’Institut national de santé publique du Québec au terme d’une étude couvrant cinq saisons grippales. Les chercheurs ont prélevé des échantillons des sécrétions nasales chez 546 enfants de moins de 24 mois hospitalisés en raison de problèmes respiratoires. Ces échantillons ont servi à établir l’identité du virus responsable de l’infection parmi une liste de 17 suspects potentiels.

Les analyses des chercheurs révèlent que 16% des enfants étaient porteurs de virus de l’influenza alors que 55% étaient porteurs du VRS. Chez les enfants qui ont eu une pneumonie, 18% étaient infectés par les virus de l’influenza et 39% par le VRS. «Même pendant la période de pointe de la saison grippale, la prévalence du VRS est beaucoup plus élevée que celle des virus de l’influenza chez les enfants hospitalisés», observe Rachid Amini, premier auteur de l’étude.

Les symptômes causés par les deux types de virus se ressemblent et les tests servant à déterminer l’identité de l’agent infectieux ne sont pas faits de façon systématique, rappelle le chercheur. «En pleine saison grippale, il est donc possible que l’on attribue aux virus de l’influenza des infections causées par le VRS», avance-t-il.

Le VRS est courant et très contagieux. On estime que la plupart des enfants seront infectés une première fois par ce virus avant l’âge de deux ans. En général, les symptômes s’apparentent à ceux du rhume. Toutefois, lorsque les poumons sont touchés, l’infection peut provoquer une bronchiolite ou une pneumonie. Ces complications sont plus fréquentes chez les enfants de moins de trois mois.

«Notre étude vient appuyer l’idée d’un programme de vaccination contre le VRS, fait valoir Rachid Amini. Ce vaccin est présentement en développement et il est prévu qu’il sera administré à la future maman pendant la grossesse. Les anticorps qu’elle fabriquera seront transférés au bébé in utero, de sorte que l’enfant sera protégé dès sa naissance.»

Les auteurs de l’étude parue dans Infection sont Rachid Amini, Rodica Gilca, François D. Boucher, Hugues Charest et Gaston De Serres.