La lumière dispose d’une scène incomparable sur la Terrasse Desjardins, l’esplanade entre le Centre des Congrès et l’Hôtel Hilton Québec. Un décor idéal, avec les Laurentides en arrière-fond et le quartier Saint-Jean-Baptiste à l’avant-plan, pour en apprendre davantage sur l’optique et relaxer, grâce à l’initiative du Regroupement des étudiant-es en photonique et optique de Laval (REPOL). Présents dans ce lieu inusité pour une deuxième année consécutive, les étudiants offrent une série d’installations pour permettre au public de profiter des rayons du jour et d’en apprendre davantage sur l’optique. Associés au projet, les étudiants en architecture ont conçu des constructions ajourées qui hachurent littéralement l’espace.

«Nous avons choisi de mettre l’accent sur l’art comme vecteur de communication, explique Guillaume Allain, doctorant en physique optique. Dans l’équipe, en plus des étudiants en architecture, on retrouve aussi des gens qui étudient en communication, en éducation et même en design d’interaction.» Le design d’interaction a aidé notamment à ce que les visiteurs comprennent mieux les expériences à leur disposition sur la Terrasse Optique. Matériel coloré, dessin explicatif, positionnement à hauteur des yeux, rien n’a été négligé pour faciliter les manipulations.

Un des panneaux met ainsi en scène le phénomène de la décomposition de la lumière grâce à une série de filtres coulissants colorés qui glissent sur un dessin. À un autre endroit, un canard, réfléchi par deux miroirs, a des allures d’hologramme en trois dimensions flottant sous un dôme transparent. Même les tables de pique-nique parlent d’optique, plus exactement des métiers liés à ce domaine. Plusieurs entreprises qui soutiennent le projet, comme TeraXion, l’INO et Coractive, braquent en effet leurs projecteurs sur un de leurs employés grâce à un court texte illustré. Tout en prenant leur café, les visiteurs peuvent donc découvrir la carrière d’une ingénieure mettant au point de nouveaux composants intégrés dans des lasers ou celle d’un architecte technique à la recherche de nouvelles façons de détecter des objets cachés.

«C’est incroyable de voir à quel point les entreprises de la région ont de très grands besoins en main-d’œuvre dans le domaine de l’optique, constate Audrée Meessen Pinard, coordonnatrice aux événements et aux communications chez Optonique, qui soutient l’initiative étudiante. Le grand public n’a pas toujours conscience du nombre d’applications liées à la lumière et notre organisme trouvait que la Terrasse Optique constituait un moyen intéressant pour faire passer le message.»

Jean-Christophe Gauthier, un doctorant en physique optique, constitue un bon exemple de la méconnaissance dont souffre ce domaine de recherche. «Au début de mes études en sciences, je ne voulais surtout pas aller en optique, car je jugeais le secteur trop terre à terre, raconte le jeune homme. Au cours d’un stage d’été, j’ai découvert les lasers et l’univers de la détection et là, j’ai complètement changé d’opinion.» Très absorbé par son sujet, l’étudiant cherche à utiliser les faisceaux laser pour détecter la présence de gaz à effet de serre (GES) à des endroits bien précis, qu’il s’agisse de gaz carbonique ou de méthane. On imagine déjà que ces recherches pourraient grandement aider à vérifier d’éventuelles fuites près d’un pipeline ou à repérer des GES venant du pergélisol dans le Nord. La Terrasse Optique, d’abord sise au Centre des congrès, déménagera ensuite au parc de l’Amérique-Française, où elle sera présente jusqu’au 25 août.


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Le public a accès à des expériences expliquant des phénomènes optiques simples.

Photo : Louise Leblanc