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Volume 54, numéro 6 | 4 octobre 2018

Arts

Plonger avec bonheur dans la musique traditionnelle

Le groupe La Déferlance, formé d'un diplômé, d'une employée et de deux étudiants de l'Université, se produira aux Rendez-vous ès TRAD

Par Pascale Guéricolas

Attirés par l’énergie que dégage la musique traditionnelle, les quatre musiciens se cherchaient un nom en mai dernier pour désigner la vague qui les frappe quand ils s’approprient les reels et les rigodons d’hier ou d’aujourd’hui. «La Déferlante» a surgi, puis a pris la tangente vers «La Déferlance». Depuis quelques mois, l’accordéoniste, le violoniste, le pianiste et le guitariste explorent avec bonheur ce répertoire tantôt festif, tantôt mélancolique. Ils n’hésitent pas à faire des clins d’œil à la musique populaire dans certaines de leurs harmonisations, comme cette référence au thème de James Bond qui se glisse dans le Reel du colon.

«Je me sens vivante quand je joue de la musique traditionnelle, témoigne Marie-Desneiges Hamel, conseillère pédagogique à la Faculté des sciences de l’administration. J’ai beau être fatiguée de ma journée de travail après avoir couché le bébé, je retrouve un second souffle en prenant mon accordéon. Cela fait du bien à l’âme.» Initiée à cet instrument lorsqu’elle était enfant, la jeune femme l’a redécouvert dans la vingtaine avec d’autres musiciens de son âge. Le Camp de Souches à Oreilles, organisé pendant l’été au Camp musical St-Alexandre, à St-Alexandre-de-Kamouraska, a joué un rôle fédérateur pour elle et de nombreux autres violonistes, accordéonistes ou pianistes.

C’est d’ailleurs lors de cette rencontre de musique et de danse traditionnelles que Marie-Desneiges Hamel a fait la connaissance de ceux qui allaient devenir les membres du groupe La Déferlance. Maxence Croteau, étudiant au baccalauréat intégré en sciences des religions, a longtemps joué du rock, du punk et du métal sur sa guitare, même si ses parents écoutaient du répertoire traditionnel. «Finalement, j’ai découvert le côté social de ce style de musique. Plusieurs bars à Québec organisent des jams entre musiciens chaque semaine, ce qui facilite les échanges et l’apprentissage, raconte le jeune homme. Le milieu est restreint, mais très convivial.»

Séduit par le dynamisme et le bon niveau des musiciens, Maxence Croteau a convaincu Mathieu Baillargeon, son ami de longue date et pianiste classique, d’opter pour le style traditionnel et de se joindre au groupe. L’étudiant au baccalauréat en mathématiques se sent maintenant comme un poisson dans l’eau dans cette nouvelle façon de jouer. Elle lui permet d’improviser à partir d’une trame connue ou d’interpréter les compositions créées par Maxence Croteau. Ce dernier déniche également des chansons méconnues aux Archives de folklore de l’Université Laval.  Le violoniste Daniel Fréchette, diplômé de la Faculté de musique, complète ce quatuor, dont le répertoire met l’accent sur les arrangements soignés et les mélodies.

L’expédition d’un curé, parti chercher des noisettes en tendre compagnie, fait partie des morceaux du spectacle. «On s’imagine souvent le Québec d’antan complètement inféodé à la religion, remarque l’étudiant en sciences religieuses. Or, les gens se montraient parfois anticléricaux dans les paroles de certaines chansons.» La Déferlance rêve de faire vibrer longtemps cette musique et, surtout, de la faire découvrir au public qui croit, à tort, qu’elle ne vit que pendant le temps des Fêtes.

À l’occasion des Rendez-vous ès TRAD, La Déferlance présentera un spectacle le samedi 6 octobre, à 17h, dans les voûtes de la Maison Chevalier.

W La Déferlance_crédit_Cassandre_Lambert_Pellerin

Photo: Cassandre Lambert-Pellerin

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