L’année 2012 est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire des communautés autochtones du Canada. Alors qu’augmentait la grogne contre les politiques gouvernementales, Idle No More voyait le jour, entraînant dans son sillage une vague d’appui sans précédent. La question se pose: qu’aurait été le mouvement sans les médias sociaux? «Il n’aurait sûrement pas été aussi important en termes d’étendue et d’intensité. Les communautés autochtones sont divisées géographiquement et politiquement. Cette technologie a facilité la diffusion d’un discours militant, contribuant à faire avancer l’expression politique du mouvement», croit Jean-Olivier Roy, chargé de cours à la Faculté des sciences sociales.

Le chercheur, qui s’intéresse aux droits des peuples autochtones, abordera ce sujet au Congrès annuel de la Société québécoise de science politique. L’événement, qui aura lieu du 19 au 21 mai, réunira des intervenants du Québec, du Canada et de l’Europe. Spécialistes en politique et en relations internationales discuteront d’enjeux d’actualité et feront état de leurs recherches au cours d’ateliers, de tables rondes et de plénières. Il sera question, entre autres, de justice sociale, d’institutions parlementaires, d’identité nationale et de gestion diplomatique.

Avec son thème «Voix/Voies politiques: citoyenneté, représentation et transformation», le congrès vise à faire rayonner l’interdisciplinarité du domaine de la science politique. «Cette discipline fait de plus en plus appel à des approches théoriques et des outils méthodologiques développés ailleurs. Très vivante, elle sait s’adapter aux impératifs des changements sociaux afin de mieux les expliquer. L’interdisciplinarité se trouve donc au coeur du thème de notre programmation», souligne le président de la Société québécoise de science politique, Thierry Giasson.

Son équipe est parvenue à rallier plusieurs sommités, tout en s’assurant de faire une large place à la relève. Des associations étudiantes ont notamment participé à l’organisation de deux tables rondes. Le congrès sera aussi l’occasion de récompenser des travaux de recherche étudiants. Vendredi, les prix Jenson-Pétry et Bélanger-Andrew couronneront respectivement le meilleur mémoire de maîtrise et la meilleure thèse de doctorat réalisés par un étudiant québécois. Ces deux prix, nommés en l’honneur de professeurs ayant marqué la science politique, seront remis pour la première fois. «Il y a des étudiants dont la recherche est très importante pour le développement de notre discipline, rappelle le professeur Giasson. C’est important de reconnaître et de récompenser l’excellence de leur travail. Leur présence au congrès est non seulement souhaitée, mais essentielle. L’événement leur permettra d’avoir accès à une diversité de savoir extraordinaire. Plusieurs sommités de la science politique francophone seront là.»

Il se réjouit aussi du fait que l’événement se déroule cette année à l’Université Laval. Depuis sa création, le congrès a lieu tour à tour dans les établissements partenaires. «Ce retour à l’Université est symbolique, car il rappelle l’importance de la Faculté des sciences sociales dans le développement de la science politique au Québec. De nombreux politologues y ont été formés, qui ont ensuite créé des départements de science politique dans d’autres universités. Comme directeur de la Société québécoise de science politique et professeur au Département de science politique, je suis très fier de pouvoir contribuer à entretenir cet héritage de notre institution», conclut-il.

Du jeudi 19 mai au samedi 21 mai, au pavillon Alphonse-Desjardins et à l’atrium du pavillon Charles-De Koninck. Information et inscription.