Selon Research Infosource, l’Université Laval vient au 8e rang des universités canadiennes au chapitre des fonds de recherche obtenus en 2013. La plus récente compilation de la firme torontoise indique que les chercheurs de l’Université ont récolté 307 M$, soit 1,3% de plus qu’en 2012.

Les données de Research Infosource montrent également que la croissance des fonds de recherche a été faible dans l’ensemble des universités canadiennes. Tout comme l’année précédente, le taux moyen d’augmentation s’est chiffré à 1,1% dans les 50 plus grandes universités du pays. Dans les universités québécoises, le portrait est plus sombre: le total des fonds de recherche a diminué de 4,6% par rapport à l’année précédente. Sept des treize universités québécoises considérées dans le classement ont enregistré des baisses.

La vice-rectrice à la recherche et à la création, Sophie D’Amours, estime que deux raisons expliquent pourquoi l’Université Laval a maintenu une croissance même dans ce contexte difficile. «La première est l’excellence des chercheurs de l’Université qui leur permet de se démarquer dans les concours des trois grands organismes subventionnaires fédéraux. Ce financement assure une bonne base et il a un effet multiplicateur puisque les chaires de recherche du Canada et les subventions de la Fondation canadienne pour l’innovation sont attribuées en fonction des sommes que nous obtenons des trois organismes fédéraux.»

La deuxième raison est liée à la stratégie de développement de la recherche, mise de l’avant par la direction de l’Université, qui table sur le partenariat avec le milieu. «Nous avons enregistré une année record pour la création de chaires de recherche et de chaires de leadership en enseignement (elles comportent une dimension de recherche), souligne la vice-rectrice. De plus, nous avons créé une deuxième unité mixte internationale de recherche. Ces approches nous permettent de compenser le dé-financement de la recherche dans certains secteurs.»

Les tendances dans le financement de la recherche inquiètent tout de même la vice-rectrice. «Les budgets des organismes subventionnaires ne suivent pas l’évolution du nombre de chercheurs. Le résultat est que les taux de succès aux différents concours sont devenus anémiques.» Si rien n’est fait pour corriger le tir, les effets de cet effritement se feront sentir à l’extérieur des campus universitaires, poursuit-elle. «Comme société, nous nous pénalisons nous-mêmes en réduisant notre capacité de développer les connaissances qui assureront notre développement à long terme.»

Par ailleurs, le classement de Research Infosource comporte une nouvelle variable cette année: la collaboration internationale en recherche. Ce paramètre est estimé à partir du rapport entre le nombre d’articles cosignés avec des chercheurs de l’étranger et le nombre total de publications d’une université. Pour la période 2008-2012, l’Université Laval obtient un score de 40%, ce qui lui confère le 11e rang au pays et le 3e rang au Québec. Des données plus récentes indiquent que ce pourcentage a grimpé à 46%. «La progression est rapide et elle démontre une ouverture sur le monde. Les équipes de l’Université s’associent de plus en plus à des collaborateurs de partout, constate la vice-rectrice. D’ailleurs, nos chercheurs participent davantage aux concours internationaux et ils s’y démarquent de plus en plus.»