Le Vice-rectorat à la recherche et à la création a présenté hier, en présence des membres de la direction de l’Université, de nombreux invités, des médias et de représentants du milieu culturel, les huit lauréats du tout premier événement Hommage aux créateurs. Les membres de la communauté universitaires honorés sont: Richard Baillargeon, professeur à l’École des arts visuels; Alain Beaulieu, professeur au Département des littératures et directeur du programme de création littéraire à la Faculté des lettres; Neil Bissoondath, professeur au Département des littératures; Hans-Jürgen Greif, professeur émérite du Département des littératures; Isabelle Hubert, chargée de cours au Département des littératures; Marcel Jean, professeur titulaire à l’École des arts visuels; Éric Morin, professeur agrégé à la Faculté de musique; Bernard Paquet, professeur à l’École des arts visuels.
   
Chacune des facultés visées par cet hommage a sélectionné ses candidats et transmis leur dossier de candidature au Vice-rectorat à la recherche et à la création. Par la suite, le choix final des lauréats a été déterminé par un comité de sélection externe à l’Université Laval. Le choix de ces premiers lauréats reposait sur un ensemble de critères, notamment sur la qualité générale de leur œuvre achevée, déjà reconnue et en lien avec la fonction exercée à l’Université Laval, sur la création soutenue et sur un rayonnement externe reconnu par les pairs ou par la société. Le vice-recteur à la recherche et à la création, Paul Fortier, a remis les distinctions aux lauréats de cette première édition en rendant hommage à leur contribution: «L’Université Laval reconnaît l’apport exceptionnel de ses professeurs et chargés de cours qui se démarquent par leur engagement professionnel de haut niveau, et est fière de saluer le talent, l’audace et la créativité de ses membres qui rayonnent dans la société et qui participent à la culture de l’excellence de notre communauté», a-t-il rappelé.
   
Dans la foulée de son hommage aux chercheurs-inventeurs, l’Université Laval souhaite maintenant instaurer cette reconnaissance de ses membres créateurs sur une base bisannuelle.

Les lauréats
Richard Baillargeon est anthropologue de formation et poursuit un travail artistique en photographie reposant sur la rencontre de l’image et du texte. Sa pratique professionnelle s’étend également à la gestion culturelle, au commissariat d’expositions, à l’organisation d’événements et à l’écriture. Son œuvre a fait l’objet de plusieurs publications dont Comme des îles (1991), Carnets de voyage (1994), Le paysage et les choses (1997) et Marges et chansons (2008). Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses expositions tant au Québec, au Canada qu’à l’étranger et elles se retrouvent dans les collections de plusieurs institutions publiques. Parmi ses dernières expositions, mentionnons Marques de l’exsangue présentés au Centre Expression de Saint-Hyacinthe en 2008. Richard Baillargeon a participé activement à la fondation de VU, centre de diffusion et de production de la photographie à Québec. Récipiendaire du Prix du duc et de la duchesse d’York en photographie (1987) du Conseil des arts du Canada, il a été directeur du programme de photographie du Banff Centre for the Arts (Alberta) de 1989 à 1994 et directeur artistique du Centre de sculpture Est-Nord-Est à Saint-Jean-Port-Joli de 1995 à 1997. Il est présentement professeur à l’École des arts visuels et ses travaux de recherche-création sont subventionnés par le FQRSC.
   
Écrivain, professeur au Département des littératures et directeur du programme de création littéraire de la Faculté des lettres, Alain Beaulieu est l’auteur de plusieurs nouvelles publiées dans des revues et d’une dizaine de romans, distribués tant au Québec qu’en Europe. Son roman Le joueur de quilles a été finaliste du Prix des cinq continents de la francophonie en 2004. Il a remporté à deux reprises le Prix littéraire de la Ville de Québec et du Salon international du livre de Québec, en 2006 pour Aux portes de l’Orientie, un roman jeunesse, et en 2007 pour La Cadillac blanche de Bernard Pivot, une affabulation romanesque où il réunit, dans un restaurant de Paris, une quarantaine d’écrivains, français et québécois, morts et vivants, pour leur faire vivre une journée mémorable de l’histoire de la littérature francophone. Publié par les éditions Actes Sud, son roman Le Postier Passila est paru en France en mai dernier. Il a été édité ici en septembre par les éditions Leméac. Alain Beaulieu a écrit aussi pour le théâtre (Terres amères, entre autres) et la radio. Il a aussi produit et animé une série d’entretiens enregistrés sur CD avec une trentaine d’écrivains importants de la région de Québec. Il travaille actuellement à la rédaction de son prochain roman.

Né à Trinidad en 1955, Neil Bissoondath vit au Canada depuis 1973. Après avoir résidé 16 ans à Toronto et 7 ans à Montréal, il a choisi de s’établir à Québec. Auteur de six romans (dont Retour à Casaquemada, Tous ces mondes en elle, Un baume pour le cœur, La Clameur des ténèbres, Cartes postales de l’enfer), deux recueils de nouvelles et un essai sur le multiculturalisme (Le marché aux illusions. La méprise du multiculturalisme), il a également travaillé dans le domaine de la télévision, notamment comme animateur de deux séries pour Vision TV. Il a aussi été écrivain en résidence à l’Université d’Ottawa, à l’Université Concordia et à l’Université de Toronto. Neil Bissoondath a reçu le Prix du magazine canadien (or, fiction, 1985), le Canadian Authors Association Fiction Award (1993), le Gordon Montador Award (1995), le Prix Spirale de l’essai (1995), le Prix littéraire des Amériques insulaires et de la Guyane (2000), le prix Hugh MacLennan (2002, 2005) et a été en nomination pour plusieurs autres prix, dont le Guardian Fiction Award (G.-B.), le Prix du Gouverneur général (Canada) et le Prix Femina étranger (France). Ses livres sont traduits en français, allemand, hollandais et espagnol. Depuis 2000, Neil Bissoondath est professeur en création littéraire au Département des littératures. 
   
Originaire d’Allemagne, Hans-Jürgen Greif a enseigné pendant 35 ans les littératures française et allemande à l’Université Laval. Dans ces domaines, il a publié cinq essais, dont une anthologie de la littérature québécoise de 1960 à 2000, de nombreux articles dans des revues universitaires, des critiques et plus de 400 recensions de livres de fiction. C’est en 1990 qu’il a commencé à publier ses propres travaux de fiction sur l’insistance de l’écrivain d’origine argentine Hector Bianciotti. Depuis, il a publié cinq romans (L’autre Pandore, 1990, Orfeo, 2003, La bonbonnière, avec Guy Boivin, 2007, Le jugement, 2008, et M., 2010) et trois recueils de nouvelles et de récits (Berbera, 1993, Solistes, 1997, Le chat proverbial, 2009). Ses livres, qui ont reçu des prix littéraires ou en ont été finalistes, sont traduits en allemand, en anglais et en espagnol. Au centre de son œuvre, dont l’essentiel est publié par les éditions de L’instant même, se trouve l’analyse des différents aspects de l’âme humaine. En témoigne son étonnante relecture d’un des plus célèbres épisodes de l’Ancien Testament, parue il y a quelques jours à L’instant même sous le titre Job et compagnie, où il pousse jusqu’aux limites la relation entre l’être humain et Dieu. Il demeure un ambassadeur de l’Université Laval puisqu’il souligne toujours son statut de professeur émérite lors de ses interventions.
   
Isabelle Hubert a étudié en théâtre et en création littéraire à l’Université Laval et, ensuite, en écriture dramatique à l’École nationale de théâtre à Montréal où elle a obtenu son diplôme en 1996. Dès 1997, tout juste de retour à Québec, elle reçoit la Prime à la création du Fonds Gratien-Gélinas pour son texte Couteau, sept façons originales de tuer quelqu’un avec… En 1999, le texte est créé par le Théâtre PàP sur la scène de Espace Go de Montréal. Depuis, elle n’a cessé de s’affirmer sur les scènes du Québec avec des textes comme Boudin, révolte et camembert, créé au Théâtre de la Bordée en 2001, Jacinthe Rioux, 609, Saint-Gabriel, créé au Théâtre La Rubrique et repris au Théâtre Périscope en 2002, et À tu et à toi, finaliste du Prix de la critique de Québec 2007-2008 et créé au Théâtre Périscope. Sa dernière pièce, La robe de Gulnara, créée au Théâtre de la Bordée et repris à Espace Go de Montréal, récipiendaire de plusieurs prix internationaux, a remporté le Prix de la critique de Québec 2009-2010 et fait l’objet d’une importante tournée au Québec. Elle a réalisé plusieurs résidences d’écriture, entre autres à Londres et en Guadeloupe. Depuis 2005, elle partage sa passion en enseignant l’écriture dramatique à l’Université Laval et au profil théâtre du Cégep Limoilou.
   
Marcel Jean s’adonne à la pratique en atelier du dessin, de la peinture et de la sculpture depuis les années 1960 à Québec. À ces activités se sont ajoutés ponctuellement d’autres travaux liés à l’estampe, à l’architecture et au design. Il mène en même temps une carrière dans l’enseignement à l’Université Laval depuis 1970 pendant laquelle, après des charges d’enseignement à l’École d’architecture, il participe à la mise en place des premiers programmes de l’École des arts visuels de l’Université. Il a présenté de nombreuses expositions, dont deux rétrospectives en 1967 et 1982 au Musée national des beaux-arts du Québec. Cet artiste manifeste un intérêt soutenu pour la pensée théorique concernant les pratiques de création qui s’est concrétisé par des écrits et prises de position lors de colloques tels ceux de l’Acfas. Parmi ses récentes expositions, mentionnons Choses du monde, à la Galerie des arts visuels, Êtres corps, à la Galerie Le 36, ainsi que 70-10 une sculpture, à la même galerie. Ses dessins accompagnent également le recueil de poésie Idéogrammes blancs d’Alexis Lefrançois, paru en 2009.
   
Depuis septembre 2000, Éric Morin est professeur à l’Université Laval où il enseigne la composition, l’instrumentation, l’orchestration et l’analyse des musiques nouvelles. Il a reçu une demi-douzaine de prix pour sa création musicale dont: le prix Jules-Léger de la nouvelle musique de chambre canadienne (2003), le 1er prix au Concours des jeunes compositeurs de la SOCAN (1999), le 1er prix au 13e Concours pour jeunes compositeurs de la Société Radio-Canada (1999), 1re œuvre recommandée à la Tribune internationale des compositeurs de l’UNESCO (catégorie: 30 ans et moins) (1997). L’Orchestre symphonique de Toronto, l’Orchestre du Centre national des arts du Canada, le Nouvel Ensemble Moderne, ainsi que les chefs Jun Märkl, Matthias Bamert, Jukka-Pekka Saraste et Lorraine Vaillancourt sont au nombre de ceux qui interprètent ses œuvres. Depuis le tout début de sa carrière artistique, le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec reconnaissent la qualité de son travail par l’octroi de bourses de perfectionnement, d’aide à la composition et de déplacement.
   
Professeur à l’École des arts visuels depuis 2003, Bernard Paquet enseigne principalement la peinture. Il a réalisé une douzaine d’expositions solo et de groupe (Canada, Brésil, France, Monaco, Tunisie) et fait une trentaine de publications dans des revues, livres et catalogues (Brésil, Canada, France, Martinique, Royaume-Uni, Suisse, Tunisie). Sa pratique porte principalement sur le principe de couches en peinture et également sur le mariage du dessin et de la photographie. Ses plus récentes recherches se concentrent sur le concept opératoire de couches picturales et ont mené à la réalisation de trois œuvres importantes intitulées Matrices feuilletées. Celles-ci ont fait l’objet de trois expositions et de deux publications à l’étranger et donneront lieu à deux autres publications internationales. Il participe, en 2007, à une exposition collective où son œuvre porte sur le métissage de la photographie et du dessin au Museu de Arte do Rio Grande do Sul Ado Malagoli, à Porto Alegre, au Brésil. Il a entrepris un nouvel axe de recherche sur la peinture d’installation grâce à sa participation, au sein du collectif d’art contemporain no-made, à l’exposition Si le printemps revenait? qui s’est tenue l’an dernier et dont le second volet a lieu en mars et avril cette année au parc universitaire Valrose à l’Université de Nice Sophia Antipolis.