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Volume , numéro | 16 novembre 2018

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Prendre son gaz égal

Les inspirations d’échauffement n’améliorent pas les performances des patineurs de vitesse

Par Jean Hamann

La scène est familière: dans les minutes qui précèdent une course, des athlètes s’échauffent, font de courtes accélérations et prennent des profondes inspirations forcées. Cet échauffement des muscles inspiratoires est une pratique courante dans plusieurs sports, mais les recherches réalisées jusqu’à présent quant à ses effets sur les performances arrivent à des conclusions contradictoires. Une nouvelle recherche publiée dans l’European Journal of Applied Physiology vient ajouter un élément au dossier. Cette étude, réalisée par l’étudiant-chercheur Philippe Richard et le professeur François Billaut, du Département de kinésiologie, démontre que l’échauffement des muscles inspiratoires n’améliore pas les performances des patineurs de vitesse.

Cette démonstration a été réalisée grâce au concours de huit patineurs de vitesse sur longue piste qui avaient au moins une expérience de compétition internationale à leur actif. Avant de s’élancer pour un contre-la-montre de 3 000 mètres, les participants effectuaient leur préparation d’avant course habituelle à une exception près. Ils devaient effectuer 60 inspirations (deux séries de 30 séparées par une pause d’une minute) soit à 40% ou à 15% de leur pression inspiratoire maximale. Chaque athlète répétait l’expérience une semaine plus tard de façon à être soumis aux deux protocoles. Pendant chaque course, le volume de sang et l’oxygénation du muscle vaste latéral – un muscle de la cuisse – étaient mesurés à l’aide d’un appareil de spectrométrie portable fixé à la cuisse droite des participants.

Résultats? L’échauffement inspiratoire n’améliore pas les temps obtenus sur 3 000 m, il n’augmente pas l’apport sanguin ou l’oxygénation du muscle vaste latéral pendant la course et il ne change pas la perception de l’effort ou l’impression d’être à bout de souffle.

«L’échauffement spécifique des muscles inspiratoires ne semble pas procurer de gains chez les patineurs de ce calibre, résume François Billaut. Il serait donc inutile pour eux de le pratiquer. Toutefois, des recherches rigoureuses menées chez des athlètes pratiquant d’autres sports ont conclu que cet échauffement améliorait les performances, l’oxygénation musculaire et la perception de l’effort. Il se pourrait que nos résultats soient dus à la spécificité du patin de vitesse où la position aérodynamique des athlètes crée un certain blocage qui réduit l’apport de sang aux jambes.»

Patinage de vitesse

Les gains produits par l’échauffement inspiratoire varient selon les sports. En patinage de vitesse, l’absence d’effet sur les performances pourrait provenir de la position accroupie adoptée par les athlètes. Cette position crée un blocage qui réduit l’apport de sang aux jambes.

Photo: Adrian8_8

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