Une grande fourmilière créative et pédagogique. Ainsi peut-on décrire ce nouvel atelier qui a établi ses pénates au pavillon Alexandre-Vachon, près des laboratoires de physique. C’est ici que l’on forme désormais les futurs enseignants au secondaire, ceux qui donneront les cours de science et technologie. Offert dans toutes les écoles québécoises, ce programme initie les jeunes à des concepts scientifiques par la fabrication de prototypes.

Si autrefois ils devaient effectuer cette partie de leur formation à l’extérieur du campus, les étudiants en enseignement ont maintenant tout ce qu’il faut pour développer leurs compétences avec les équipements qu’ils seront appelés à utiliser. Scies à ruban, ponceuses, sableuse, perceuses à colonne, scies à onglet et autres outils pour travailler le bois sont mis à leur disposition. Le laboratoire comprend aussi des équipements numériques, comme des imprimantes 3D et des modules Arduino, une technologie qui permet de créer des systèmes électroniques.

«L’originalité du laboratoire réside dans le fait qu’il intègre la démarche traditionnelle de l’artisan au développement de compétences numériques pour faire de la conception. Il s’agit d’un espace de créativité unique sur le campus», souligne Sylvie Barma, professeure au Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage, à qui on doit cette initiative.

La session dernière, 25 étudiants ont pu tester les équipements du laboratoire avant son inauguration. Entre autres objets, ils ont fabriqué une éolienne et un bateau à vapeur en format réduit. Vincent Gagnon, pour sa part, a créé une petite boîte avec différents compartiments transparents. Cet objet est utilisé par les enseignants pour expliquer le concept de réfraction de la lumière. «Le fait de construire la boîte nous a permis d’évaluer concrètement ses limites autant au niveau de son utilisation que de sa fabrication, ce qui n’aurait pas été possible si on avait seulement imaginé le prototype. Je me suis servi d’outils que l’on utilise rarement chez soi, mais qui sont courants dans les écoles secondaires, comme la scie à ruban et la perceuse à colonne», dit-il.

L’étudiant a aussi découvert le processus d’impression en trois dimensions. «Désormais, la plupart des écoles secondaires ont au moins une imprimante 3D. Le fait de pouvoir utiliser cet outil dans le cadre de notre formation universitaire nous aide à voir son potentiel. Avant, je ne pensais pas spontanément à utiliser une imprimante 3D, mais maintenant, je vois définitivement ses avantages!»

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Le nouvel atelier a été mis sur pied grâce à une collaboration entre la Faculté des sciences de l’éducation, le Service des immeubles et le Département de physique, de génie physique et d’optique de la Faculté des sciences et de génie.

Pour Sylvie Barma, qui a participé à la rédaction du programme de science et technologie en plus d’avoir été enseignante au secondaire pendant de nombreuses années, c’est un rêve de longue haleine qui se concrétise. «Cela fait 10 ans que je travaille sur ce projet de laboratoire. J’ai maintenant tout ce qu’il faut sur le campus de l’Université Laval pour préparer mes étudiants à être de bons enseignants auprès des jeunes et à les intéresser à leur tour aux sciences», se réjouit-elle.