Enfant, Manon Boisvert était une élève modèle. Curieuse et avide de connaissances, cette future enseignante au primaire enchaînait les A+, jusqu’à ce que «la maladresse d’une prof de maths», en deuxième secondaire, lui fasse détester cette matière. On devine son appréhension lorsqu’elle a appris qu’elle devait suivre un cours de mathématiques pour obtenir son diplôme de baccalauréat en éducation au préscolaire et en enseignement au primaire.

Ce qu’elle ignorait, c’est que ce cours était donné par un mathématicien à la passion contagieuse, Bernard R. Hodgson. «En m’inscrivant à l’Université Laval, j’étais encore méfiante à l’endroit de ces monstres dangereux qu’étaient les chiffres, les nombres, les opérations, la commutativité, la résolution de problèmes… Le cours de monsieur Hodgson m’a permis de dédramatiser les mathématiques. Ainsi, les figures géométriques devenaient des personnages sympathiques, les héros des histoires mathématiques qu’il nous présentait», raconte-t-elle.

Bernard R. Hodgson le sait très bien, plusieurs étudiants à qui il enseigne ne sont pas friands de cette matière. Voilà pourquoi il se fait un point d’honneur de démystifier les mathématiques et de rendre cet univers attrayant. «Le cas de madame Boisvert est assez typique. Les enseignants au primaire sont des généralistes; la plupart de ceux qui étudient dans ce domaine apprennent qu’ils doivent faire des maths à l’Université une fois qu’ils y sont rendus. Certains ont des difficultés reliées à un passé scolaire difficile. Par mon enseignement, je cherche à les convaincre que les maths présentent des aspects riches et stimulants qui ne sont pas hors d’atteinte, loin de là», affirme-t-il.

Cette passion, Bernard R. Hodgson la tient en partie de son père, qui était statisticien et enseignant à temps partiel pour des élèves du secondaire. Pour ce professeur qui compte plus de 40 ans d’expérience à l’université, l’enseignement est d’abord et avant tout une affaire de contact humain. Il croit qu’aucun apprentissage ne peut se faire sans un lien profond et positif avec ses étudiants. Au fil des années, il a développé plusieurs approches et astuces pour soutenir leur motivation et contribuer à leur compréhension.

À l’écouter parler de son métier, on comprend vite que les mathématiques sont tout sauf une matière aride. «Les objets mathématiques évoluent dans un monde d’une grande beauté. Il y a beaucoup d’esthétique qui règne dans cet univers. De plus, les maths sont utiles et pratiques. Elles ont une importance capitale dans la vie de tous les jours. Galilée disait que le livre de la nature est écrit en langage mathématique. Il s’agit d’un domaine du savoir fascinant, un formidable univers à fréquenter.»

Manon Boisvert a terminé son baccalauréat il y a 13 ans. Celle qui travaille aujourd’hui à la Commission scolaire de Montréal n’oubliera jamais les principes que Bernard R. Hodgson lui a appris. Principes qu’elle se plaît à transmettre à son tour. «Chaque jour, quand je présente des notions du domaine des mathématiques, je m’efforce de le faire de façon à ce que mes élèves apprennent en s’amusant et qu’ils développent leur rigueur sans pour autant stresser», conclut-elle.

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Enseignante à la Commission scolaire de Montréal, Manon Boisvert se plaît à transmettre, à son tour, les connaissances qu’elle a acquises auprès du professeur Hodgson.

Le Bureau de soutien à l’enseignement profite de la publication de la série «Ces profs qui changent des vies» pour réaliser des capsules vidéo sur les enseignants qui ont été ciblés. Regardez le témoignage de Bernard R. Hodgson ci-dessous.

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Et vous, y a-t-il un enseignant qui a changé votre vie?

Les meilleurs enseignants, ce sont ceux dont on se souvient toute sa vie durant. Dévoués, pédagogues, enthousiastes, ils nous ont transmis leur passion, ont élargi nos horizons, nous ont donné envie d’être créatifs dans un domaine. Diplômé ou étudiant, vous avez une histoire qui implique un professeur ou un chargé de cours toujours à l’emploi de l’Université? N’hésitez pas à écrire au journaliste Matthieu Dessureault pour lui faire part de votre témoignage. Votre histoire pourrait faire l’objet d’un article dans le journal!