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Volume 54, numéro 6 | 30 octobre 2018

Ces profs qui changent des vies

Le Fil vous présente une série d'articles sur des enseignants inspirants qui ont influencé le parcours d'anciens étudiants. Cette semaine: Cynthia Aleman rend hommage à François Dufaux, professeur à l'École d'architecture.

Par Matthieu Dessureault

Comment devenir une bonne architecte? C’est la question qui taraudait Cynthia Aleman en amorçant ses études universitaires. «Depuis mon entrée à l’École d’architecture, je n’ai jamais douté d’être à ma place. Pourtant, au début, je me sentais perdue. Les repères du système scolaire classique n’étaient plus applicables. Dans cette profession, il y a plusieurs façons d’apprendre et plusieurs profils d’étudiants, qu’ils soient artistes ou plus cartésiens. J’avais le pressentiment qu’un bon étudiant ne ferait pas forcément un bon architecte.»

Sa rencontre avec François Dufaux, à la session d’hiver 2014, a contribué à lui donner confiance en ses capacités. Devenu son mentor, le professeur a dirigé la rédaction de son mémoire de maîtrise, qui portait sur le patrimoine des ursulines de Trois-Rivières. Les défis étaient nombreux, entre autres en ce qui a trait aux recherches dans des archives parfois éparpillées.

De son professeur, l’étudiante a énormément appris. En plus de développer sa méthode de recherche, elle a acquis des bases qui lui serviront toute sa carrière. «Avec ses conseils, François Dufaux a encadré mes idées et mes initiatives sans pour autant me limiter. Il m’a encouragé à me lancer et à me tromper si nécessaire. J’ai appris que pour grandir, il faut constamment sortir de sa zone de confort. Depuis, j’ai vécu une période de croissance personnelle et professionnelle exponentielle», dit-elle.

Formé en architecture et en urbanisme, François Dufaux enseigne à l’Université depuis 2001. Ses cours portent notamment sur le patrimoine, le design urbain et la rénovation de bâtiments. Au-delà de l’aspect pédagogique, le professeur voit son rôle comme celui d’un accompagnateur, qui incite les étudiants à se dépasser et à développer leur esprit critique. Aussi, il mise sur l’importance de faire preuve d’audace, de sortir des sentiers battus. Et surtout, de faire fi des tendances architecturales.

Celui qui n’a pas la langue dans sa poche n’hésite pas à critiquer plusieurs projets de construction qui se font actuellement. «Construire est un acte de foi envers l’avenir, insiste-t-il. C’est aussi un acte de confiance et de courage. Malheureusement, confiance et courage ne sont pas les vertus les plus courantes. Au Québec, nous sommes très sensibles aux tendances et soucieux d’être à la mode. Ça, ce n’est pas de l’architecture; c’est de la décoration.»

Selon le professeur, les architectes de demain devront travailler fort pour faire reconnaître l’importance de leur profession. «Le Québec est une société qui s’est clairement enrichie depuis 60 ans, mais ça ne paraît pas dans son architecture. Les gens mangent mieux et s’habillent mieux qu’avant, mais quand il s’agit de nos maisons et de nos écoles, on y accorde peu d’importance. Les étudiants auront à insister sur l’importance d’investir dans des environnements bâtis de qualité.»

Cynthia Aleman, pour sa part, entend consacrer sa carrière à la mise en valeur et à la préservation du patrimoine. Le conseil de François Dufaux à son étudiante ainsi qu’à tous ceux qui veulent se lancer dans ce domaine est très pragmatique: «Dans tout projet, il faut comprendre les caractéristiques du bâtiment pour déterminer ce qui est réellement ancien. Souvent, les bâtiments ont été transformés avec les années; certaines parties sont anciennes et significatives, d’autres sont récentes et ont peu de valeur. Une fois que les parties abîmées ont été réparées, il faut s’assurer de respecter la valeur du lieu par rapport à ce qu’il témoigne sur la communauté.»

Ce conseil, Cynthia Aleman compte bien le mettre en pratique. «Je veux participer aux bonnes interventions architecturales et constructives gardant la valeur matérielle et soulignant la valeur immatérielle. Je crois que faire les bons choix contribue grandement à la pérennité du patrimoine», conclut-elle, enthousiaste.

Pour lire les autres articles de la série «Ces profs qui changent des vies»:


Pour entendre François Dufaux parler de son métier!

Le Bureau de soutien à l’enseignement profite de la publication de la série «Ces profs qui changent des vies» pour réaliser des capsules vidéo sur les enseignants qui ont été ciblés. Regardez le témoignage de François Dufaux.

 


Et vous, y a-t-il un enseignant qui a changé votre vie?

Les meilleurs enseignants, ce sont ceux dont on se souvient toute sa vie durant. Dévoués, pédagogues, enthousiastes, ils nous ont transmis leur passion, ont élargi nos horizons, nous ont donné envie d’être créatifs dans un domaine. Diplômé ou étudiant, vous avez une histoire qui implique un professeur ou un chargé de cours toujours à l’emploi de l’Université? N’hésitez pas à écrire au journaliste Matthieu Dessureault pour lui faire part de votre témoignage. Votre histoire pourrait faire l’objet d’un article!

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Entre autres projets qu'il a menés ces dernières années avec ses étudiants, François Dufaux (à gauche) s'est intéressé aux façons de valoriser la cour intérieure du Parlement du Québec comme espace public.

Photo: Marc Robitaille

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