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Volume 43, numéro 34 | 19 juin 2008

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De la puissance

Un superordinateur vert, au service des chercheurs et des entreprises, est en chantier sur le campus

Par Jean Hamann

Dans quelques mois, l’Université disposera d’un ordinateur qui pourra revendiquer une place parmi les vingt plus puissantes machines au monde. En effet, un superordinateur, doté de 3 456 processeurs, sera installé au pavillon Alexandre-Vachon, dans la structure cylindrique qui abritait autrefois l’accélérateur de particules Van de Graaf. En puissance brute, cet appareil équivaudra à 5 000 ordinateurs personnels à la fine pointe de la technologie, mais sa capacité de calcul sera beaucoup plus grande parce que les unités qui le composent seront reliées par des liens haute vitesse permettant une synergie de travail, a expliqué Marc Parizeau, professeur au Département de génie électrique et de génie informatique. Coordonnateur du projet, le professeur Parizeau en a livré les détails lors d’une rencontre de presse présentée le 10 juin, au moment où le campus accueillait le 22e Symposium international de calcul de haute performance.
   
L’achat et l’installation de ce superordinateur seront réalisés grâce à une subvention de 12,5 M$ provenant de la Fondation canadienne pour l’innovation (40 %), du gouvernement du Québec (40 %) et de l’Université et de partenaires privés (20 %). Ce projet s’inscrit dans un programme national visant à doter le Canada d’une infrastructure de calcul haute performance moderne. Le consortium CLUMEQ, qui regroupe l’Université Laval, McGill et toutes les composantes de l’Université du Québec, a obtenu 25 % de l’enveloppe consentie au programme. Cette somme a été partagée entre le site de Montréal et celui de Québec.
   
Le superordinateur de CLUMEQ-Québec sera utilisé par les chercheurs dont les travaux nécessitent une grande puissance de calcul. On pense notamment aux modélisations dans des domaines tels que l’astronomie, l’économique, les changements climatiques, l’aérodynamisme, l’hydrodynamisme et même le comportement routier de pneus, qui requièrent la résolution simultanée de milliers d’équations. L’installation sera également mise à la disposition des entreprises qui souhaitent réaliser certains projets qui dépassent la capacité de leur parc informatique.
   
Marc Parizeau et les spécialistes du Service des immeubles ont tiré parti de la forme particulière de l’enveloppe de l’ancien accélérateur de particules pour mettre de l’avant une approche novatrice dans le monde des superordinateurs. Contrairement à toutes les installations du même type dans le monde, les serveurs ne seront pas disposés de façon linéaire, mais bien de façon concentrique, sur trois étages. Cette façon de faire offre une solution originale au problème d’élimination de la chaleur produite par la machine. Lorsqu’il sera en fonction, l’ordinateur dégagera 600 kilowatts, soit autant de chaleur que 6 000 ampoules de 100 watts. «Nous allons pousser de l’air refroidi en périphérie de la structure, et l’air chaud produit par les serveurs, qui se retrouvera au centre, sera aspiré vers le bas. En hiver, cette énergie sera récupérée pour chauffer l’Université. Habituellement, pour chaque watt consommé par un superordinateur, il faut compter 1 watt de climatisation. Dans notre cas, il faudra seulement le tiers d’un watt. Il n’y a pas d’ordinateurs tout à fait verts, mais notre installation sera parmi les plus efficaces au monde sur le plan énergétique», avance-t-il.
   
L’appel d’offres pour l’aménagement intérieur de la structure a été lancé au début de juin. Les travaux de construction devraient coûter près de 3 M$, ce qui laissera un budget de plus de 9 M$ pour l’achat de l’équipement informatique. Si tout se déroule selon l’échéancier prévu, le superordinateur commencera à broyer des données en février 2009.

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Unique au monde, la disposition concentrique, sur trois étages, du supercalculateur favorisera l'efficacité énergétique de l'installation. Image tirée d'une animation 3-D des futurs locaux de CLUMEQ-Québec, produite par Polyrix, une entreprise créée par d'anciens étudiants du Laboratoire de vision et système numérique de la Faculté des sciences et de génie.

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