Logo Université Laval Logo Université Laval

Volume 53, numéro 22 | 22 mars 2018

Recherche

La puissance des soins infirmiers

La Faculté des sciences infirmières a tenu une table ronde qui a mis de l'avant l'apport important du savoir et de la recherche dans les soins infirmiers, une réalité souvent inconnue du grand public

Par Nathalie Kinnard

Derrière chaque geste infirmier se cachent des heures de recherche scientifique. C’est le constat qui ressort de la table ronde «Au-delà des apparences: les soins infirmiers», qui a eu lieu au Cercle, le 20 mars à l’occasion du 50e anniversaire de l’enseignement des soins infirmiers à l’Université Laval. Quatre professeurs de la Faculté des sciences infirmières, accompagnés de patients, de proches aidants et d’intervenants cliniques, sont venus présenter des cas concrets de soins que la science et la recherche ont pu améliorer.

Philippe Voyer, professeur et directeur du programme de premier cycle à la Faculté, a abordé les soins aux personnes âgées. Sa présentation a commencé par le témoignage d’une proche aidante sur l’hospitalisation de sa sœur atteinte de troubles cognitifs. La dame a raconté à quel point sa sœur était désorganisée sur le plan cognitif pendant son séjour à l’hôpital: désorientation spatiale, humeur dépressive, anxiété de séparation, besoin affectif important… La situation était chaotique pour l’équipe de soins, et les proches vivaient de la détresse psychologique.

L’infirmier Stéphane Bouffard est venu ensuite expliquer comment il est intervenu dans la situation en utilisant des méthodes développées par Philippe Voyer pour réduire les symptômes de la patiente. «Il s’agit d’une intervention non pharmacologique basée sur des données scientifiques. Un arbre décisionnel propose un ensemble de choix de stratégies, présentés sous la forme d’un graphique facile et simple à utiliser», précise le professeur Voyer. Ainsi, l’infirmier Bouffard a notamment utilisé la validation, l’écoute active adaptée et une poupée pour combler les besoins affectifs de la dame et diminuer son anxiété. Celle-ci est devenue plus calme et collaborait mieux aux soins. L’équipe médicale a pu ainsi lui donner son congé de l’hôpital pour qu’elle retourne dans son milieu de vie. «Les gens voient souvent la science derrière les médicaments, mais il y en a également beaucoup derrière les gestes des infirmiers», souligne le professeur Voyer.

Sa collègue Diane Tapp, professeure spécialisée en soins de fin de vie, est du même avis. «Tout geste infirmier est pensé et évalué.» Dans le domaine des soins palliatifs, cependant, il y a encore beaucoup de recherche à faire. C’est pourquoi la chercheuse a documenté les problèmes liés à l’accompagnement des patients en fin de vie. Elle travaille, en collaboration avec des intervenants cliniques, à évaluer un outil pour dépister les lésions de pression qui apparaissent quand un patient reste longtemps alité et leurs facteurs de risque. Elle a également amélioré la surveillance de la douleur et de la sédation. «Souvent, les patients sont trop faibles ou trop en douleur pour partager leurs malaises. On a analysé et déterminé les signes comportementaux qui trahissent la douleur, comme les mouvements des sourcils, le visage crispé», explique-t-elle.

La présentation de Diane Tapp a été précédée par une vidéo présentant, entre autres, une proche aidante qui a accompagné deux de ses sœurs et son beau-frère en fin de vie. La dame témoigne du problème d’embarras pulmonaire qui affecte souvent les gens peu de temps avant de mourir. «Ce sont notamment les travaux d’une infirmière qui ont permis de démystifier ce problème qui inquiétait beaucoup les proches aidants. La recherche a montré qu’il s’agit d’un genre de ronflement qui ne fait pas souffrir les patients. Les intervenants cliniques sont maintenant capables de bien expliquer la situation aux proches du malade», révèle Diane Tapp.

La table ronde, animée par Clémence Dallaire, vice-doyenne aux études supérieures et à la recherche, a également mis de l’avant les expertises des professeurs Bernard Roy en santé communautaire et Maria Cecilia Gallani en soins critiques et cardiovasculaires. «Il faut aller au-delà des clichés de l’infirmier et de l’infirmière gentils et humains. Les soins de santé, c’est plus que des qualités altruistes; c’est plus qu’une vocation. Les soins infirmiers sont basés sur des connaissances et un savoir qui contribuent à l’excellence des soins de santé», résume Clémence Dallaire.

FSI
Écrivez-nous
Partagez
ULaval nouvelles