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Volume 52, numéro 13 | 13 décembre 2016

Société

Quand l’espoir est au menu

Après avoir dirigé le Café-Rencontre du centre-ville pendant près de 30 ans, Michel Godin profite d'un petit répit pour retourner sur les bancs d'école

Par Matthieu Dessureault

Ils ont perdu leur emploi, traversé des maladies, pensé au suicide. D’autres ont connu la prison, les drogues ou des problèmes psychologiques. Tous les jours, ils se retrouvent au Café-Rencontre du centre-ville. Depuis 1987, cet établissement du quartier Saint-Roch vient en aide aux marginalisés et aux démunis. Ici, pas de jugement ou de reproche. Michel Godin accueille tout un chacun, sourire aux lèvres. S’il n’est plus directeur de l’organisme depuis l’an dernier, il continue de s’impliquer activement. «Notre but est de donner du soutien et de l’espoir aux gens. Peu importe le milieu d’où ils proviennent, ils ont le droit d’être accueillis avec un bon repas chaud et une oreille attentive.»

Plus qu’un service de soupe populaire, le Café-Rencontre se veut un espace d’échanges et d’entraide. L’organisme offre de l’aide aux devoirs pour les élèves du secondaire et de 6e année du primaire, en plus d’organiser des ateliers d’initiation à l’art visuel, des spectacles et des soirées de partage. On y trouve aussi une friperie, qui donne une deuxième vie à des vêtements et à divers accessoires.

Michel Godin a pris la barre du Café-Rencontre en 1988. Comme bien des gens qu’il côtoie au quotidien, son parcours n’a pas été de tout repos. «J’ai eu une adolescence difficile. Vers l’âge de 16 ans, je me suis retrouvé dans la rue. Je n’ai pas été très longtemps en situation d’itinérance, mais assez longtemps pour être sensibilisé aux besoins des personnes démunies. J’ai commencé à faire du bénévolat à la soupe populaire. Les besoins augmentaient et l’équipe avait de la difficulté à répondre à la demande. Comme j’avais une expérience de gérant d’entrepôt dans une épicerie, je suis devenu le directeur», se souvient-il.

Sous son égide, le Café-Rencontre n’a cessé de prendre de l’expansion. Pour la période 2014-2015 uniquement, l’organisme a servi 52 760 dîners et 11 344 déjeuners, pour une moyenne de 273 repas par jour. Il emploie, à temps plein ou à temps partiel, une vingtaine de personnes. À ce nombre s’ajoutent plusieurs bénévoles, qui aident à servir les repas et à nettoyer les tables. Grâce à un partenariat avec la Faculté de médecine, des étudiants de ce programme mettent régulièrement la main à la pâte. «Chaque session, on reçoit au moins deux étudiants. En tant que médecins, ils auront probablement à travailler avec des patients aux prises avec des problèmes psychologiques ou de consommation de drogues. Quand on ne connaît pas un milieu comme le nôtre, c’est difficile de décoder ce qui se passe dans la vie de ces gens. En venant au Café-Rencontre, les étudiants apprennent énormément. Non seulement l’expérience avec notre clientèle peut les aider sur le plan professionnel, mais elle les sensibilise aussi à la réalité de l’itinérance et à l’importance d’être empathique», souligne Michel Godin.

Celui qui est devenu travailleur social par la force des choses s’est inscrit, l’automne dernier, à l’Université du 3e âge de Québec. Son but est d’acquérir des connaissances qui lui seront utiles auprès des plus démunis. Il a commencé par suivre un cours sur la gérontologie afin d’être mieux outillé pour aider les personnes fragilisées par la maladie. Cette session, il suit le cours Afrique: en attendant le décollage, qui aborde l’histoire et les enjeux sociopolitiques de l’Afrique. «Le Café-Rencontre accueille de plus en plus d’immigrants issus du continent africain. Beaucoup d’entre eux ont vécu de grandes souffrances. Mieux connaître leur histoire et leurs besoins nous aidera à les accueillir, mais aussi à faciliter leur intégration», soutient le fier étudiant.

Plus d’information sur le Café-Rencontre

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Directeur du Café-Rencontre de 1988 à 2015, Michel Godin n'a pas perdu la flamme du début. Il continue de s'impliquer dans l'organisme comme conseiller, en plus de suivre des cours afin de développer des connaissances qui lui seront utiles auprès des plus démunis.

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