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Volume 50, numéro 4 | 18 septembre 2014

Vie étudiante

Un quartier tout en couleur

Une vingtaine d'étudiants de différentes disciplines préparent un parcours lumineux qui aura un impact social dans le quartier Vanier

Par Matthieu Dessureault

Le pavillon Louis-Jacques-Casault était plutôt désert en ce samedi matin. Au quatrième étage, cependant, des étudiants en communication, en architecture, en arts visuels, en design et en musique étaient réunis pour discuter d’«écriture lumière». Alain Guilhot, considéré comme le pionnier français en la matière, s’était déplacé pour donner une classe de maître. En près de 40 ans, ce grand passionné a orchestré plus de 3000 projets de mise en lumière pérennes ou événementiels à travers le monde. L’éclairage rouge de la tour Eiffel, c’était lui. Celui des tours Petronas, de Kuala Lumpur en Malaisie, aussi. À Québec, il est surtout connu pour avoir illuminé le Château Frontenac et le Cap Diamant. Il était de retour chez nous pour rencontrer des étudiants qui réaliseront cinq à sept installations lumineuses dans le quartier Vanier.

Ce projet extrascolaire, qui s’intitule In vivo, est une initiative de Judith Balland, la fondatrice du CIEL (Comité international d’éthique de la lumière). Cette Française qui vit maintenant à Québec est derrière de nombreux plans de lumière, dont celui de la 3e Avenue du quartier Limoilou. Le projet In vivo, qu’elle dirige avec le professeur en publicité sociale Christian Desîlets, se fera avec trois cohortes d’étudiants d’ici 2017. À terme, il vise une installation permanente. L’objectif est de donner à vivre et à voir une nouvelle image du quartier Vanier grâce à l’implication et à la complicité des résidents et des acteurs locaux. «Les sociologues parlent d’un phénomène de réappropriation affective d’un quartier. Le thème paraît pompeux, mais ça marche vraiment, observe Alain Guilhot. La lumière devient une écriture qui permet de redonner un sentiment de fierté et d’appartenance. Elle a ce don de nous faire chanter, de nous faire danser, de nous faire rêver.»

Inspirée par ce qu’elle a vu lors du Festival des lumières l’hiver dernier, l’étudiante en communication publique Valérie Beaudoin a sauté à pieds joints dans le projet. «Je trouvais intéressant d’aborder un média que je ne connais pas beaucoup, dit-elle. J’ai hâte d’en apprendre plus et de voir quel genre d’installation peut être possible dans le quartier.»

Situé dans l’arrondissement des Rivières, le quartier Vanier demeure méconnu des citoyens de Québec. Comparativement à Limoilou ou à Saint-Roch, peu d’initiatives rassembleuses y sont proposées. «Il s’agit d’un quartier très intéressant que les gens de la région sont portés à bouder. Il est enclavé; ce n’est pas facile d’y entrer ou d’en sortir. Mais c’est un quartier très riche sur le plan social. On y retrouve toutes sortes de gens, des immigrants de l’Afrique francophone aux réfugiés népalais», souligne le professeur Desîlets.

Les étudiants ont été invités à se balader dans le quartier à différentes heures de la journée afin de s’imprégner de son atmosphère. Déjà, ils ont pu parler à quelques résidents et cerner des endroits possibles d’intervention. Pour plusieurs, il s’agissait d’une première visite de familiarisation. Sacha Lauzier Bonnette, lui, connaît un peu le quartier pour y avoir travaillé comme moniteur dans un camp d’été. «Chacun s’inspire de ce qu’il a vu ou vécu dans ce quartier. Ce qui se dégage de mon côté, c’est mon expérience avec des enfants et leurs parents. Je vais sûrement articuler mes recherches autour de cet axe», explique cet étudiant au baccalauréat en publicité sociale.

Ses acolytes et lui ont carte blanche. Projections architecturales, dispositifs multimédias, créations immersives: les limites de leurs projets n’ont d’égales que celles de leur imagination. «Soyez insolents et audacieux», leur a conseillé Judith Balland, qui verra par la suite à la faisabilité des concepts et à l’aspect didactique des oeuvres.

Les étudiants ont jusqu’au mois de décembre pour lui soumettre leurs propositions. Les installations seront réalisées au printemps en collaboration avec différents professionnels de la lumière.

64ISO

L'éclairage en rouge de la Tour Eiffel, qui visait à marquer le séjour parisien du président chinois Hu Jintao, figure parmi les prestigieuses réalisations d'Alain Guilhot.

Photo: 64ISO

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