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Volume 54, numéro 6 | 4 octobre 2018

Actualités UL

Quatre professeurs honorés

Geneviève Lessard, Jean-Marc Narbonne, Gilles Routhier et Laurier Turgeon font leur entrée à la Société royale du Canada

Par Yvon Larose

La Société royale du Canada (SRC) vient de faire connaître les membres de sa promotion 2018. Sur 89 nouveaux élus aux réalisations remarquables, on compte 3 professeurs de carrière de l’Université Laval. Ils font partie de la catégorie Académie des arts, des lettres et des sciences humaines. La Société a également fait connaître les nouveaux membres du Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en arts et en science. Ces leaders en milieu de carrière sont au nombre de 52, dont une professeure de l’Université. Être élu membre de la SRC constitue le plus grand honneur qui puisse être accordé à un universitaire œuvrant dans le domaine des arts, des lettres ou des sciences. La Société honorera ses 141 nouveaux membres lors d’une cérémonie de remise des médailles et distinctions, à Halifax, le 17 novembre.

Jean-Marc Narbonne est un spécialiste de réputation internationale de l’histoire de la pensée antique, et de la tradition platonicienne en particulier. Professeur à la Faculté de philosophie depuis 27 ans, il a fait ses études de doctorat à l’Université de Paris IV-Sorbonne.

Jeune étudiant universitaire, Jean-Marc Narbonne avait le désir de comprendre la culture dans laquelle il vivait et évoluait, d’en saisir dans la longue durée, depuis l’Antiquité, les différentes conditions et circonstances qui ont mené à la civilisation d’ensemble qui est la nôtre. «Un désir de vision globale sur les choses, ajoute-t-il. Dans ce cadre, la découverte de la riche conceptualité grecque fut déterminante.»

Durant ses études, plusieurs professeurs l’ont marqué. «On pourrait même dire que mon évolution intellectuelle est la résultante d’une suite de rencontres marquantes», explique-t-il.

Les recherches de Jean-Marc Narbonne sur les dimensions critiques de l’Antiquité l’ont conduit à des hypothèses très neuves sur la transition de la pensée grecque à la modernité. L’un des faits saillants de sa carrière de chercheur fut la responsabilité de la publication des Œuvres complètes de Plotin, le représentant principal du néoplatonisme, dans la prestigieuse Collection des universités de France.

Le professeur Narbonne apprécie au plus haut point le contact avec les étudiants et le questionnement commun qu’il fait naître «dans l’enthousiasme». «Mieux comprendre le monde qui nous entoure a un effet libérateur», souligne-t-il. La recherche est, pour lui, «une occasion de création et d’innovation extraordinaire». «C’est en même temps, dit-il, la possibilité d’une immersion en soi-même, là où les choses peuvent être examinées posément, avec l’ouverture d’esprit et la neutralité requises.»

Gilles Routhier est un expert du concile Vatican II. Ses travaux de recherche, ses publications, ses approches théoriques innovantes, la reconnaissance internationale dont il jouit, son leadership scientifique en font un spécialiste de premier plan des institutions ecclésiales dans la seconde moitié du 20e siècle.

Maintenant doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses, il se rappelle la grande effervescence que l’on pouvait observer en théologie au début des années 1970. «C’était l’époque, raconte-t-il, non seulement des mouvements étudiants, mais on tentait alors de repenser les programmes, les modes d’enseignement, les méthodes, etc. C’était très vivant, dynamisant.»

Il a fait ses études doctorales à Paris. «J’ai hésité entre deux destinations où il y avait de grands maîtres dans mon domaine: Washington et Paris, explique-t-il. Finalement, j’ai opté pour Paris.»

Gilles Routhier est entré en fonction à l’Université Laval en 1992. «J’y suis professeur depuis, avec le sentiment d’apprendre encore.»

Le fait saillant de sa carrière? «La recherche, répond-il, dans de grandes équipes internationales de recherche, notamment l’équipe dirigée par le professeur Giuseppe Alberigo, de l’Université de Bologne, qui a écrit l’histoire de Vatican II en 5 volumes. Nous étions une quarantaine de chercheurs de 18 pays, de diverses générations. On se retrouvait au moins une fois par année. C’était passionnant.»

Laurier Turgeon enseigne au Département des sciences historiques. Ce spécialiste de réputation internationale a mis de l’avant des approches innovantes en patrimoine culturel qui ont contribué à ouvrir un nouveau domaine de recherche, celui des patrimoines métissés. S’il s’est dirigé vers des études universitaires en sciences historiques, c’était «pour connaître l’histoire de ma propre famille et de son identité». «J’ai également été attiré par la compréhension des modes de vie, notamment celui des Amérindiens, ce qui m’a mené vers l’ethnologie, ajoute-t-il. L’ethnologue Jean-Claude Dupont, professeur à l’Université Laval, et ses travaux sur la culture matérielle m’ont continuellement inspiré.»

Laurier Turgeon a fait ses études doctorales à l’Université de Bordeaux. Son postdoctorat s’est déroulé à Paris à l’École des hautes études en sciences sociales. Sa carrière de professeur a débuté il y a 35 ans. Il enseigne à l’Université Laval depuis 1985.

Deux faits saillants ont marqué sa longue carrière. Premièrement, il a été titulaire d’une chaire de recherche en études canadiennes à l’Université Harvard. «J’ai notamment dirigé un séminaire sur les enjeux politiques du patrimoine culturel immatériel», indique-t-il. Deuxièmement, il a publié, à Paris et à Québec, le livre Patrimoines métissés. Contextes coloniaux et postcoloniaux.

De sa vie de chercheur, Laurier Turgeon dit particulièrement apprécier «la liberté de créer et d’innover, l’interdisciplinarité, la possibilité d’explorer et d’ouvrir de nouveaux champs de réflexion, de participer à la construction du savoir et de le rendre utile à la société».

Geneviève Lessard figure parmi les nouveaux membres du Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en arts et en science. Elle travaille à l’École de travail social et de criminologie depuis 2004. Elle a fait son doctorat à l’Université de Montréal. «Dans le cadre d’un stage, dit-elle, j’ai développé un intérêt pour ce qui est devenu ma thématique de recherche principale: l’exposition des enfants à la violence conjugale.»

La professeure Lessard a acquis une renommée internationale pour ses travaux sur cette forme de maltraitance très fréquente affectant le développement des enfants. Ses travaux, réalisés en étroite collaboration avec plusieurs milieux de pratique, permettent de générer des outils de prévention et d’intervention novateurs qui contribuent à renforcer les facteurs de protection et à modifier les parcours de vie des enfants touchés par la violence.

De sa vie d’enseignante, elle dit apprécier particulièrement l’encadrement individualisé qu’elle accorde à des étudiants aux cycles supérieurs, «le fait de les voir partir d’une simple idée, puis cheminer tout au long de leur parcours». En recherche, elle mentionne que la diffusion et le transfert des connaissances ont toujours constitué une priorité pour elle. «Je souhaite que mes recherches soient utiles à la société, explique-t-elle. C’est pourquoi mon implication sociale dans plusieurs milieux de pratique et auprès des gouvernements vise à assumer un leadership intellectuel pour mieux comprendre comment aider les enfants et les familles concernés par mes travaux.»

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Geneviève Lessard, Jean-Marc Narbonne, Gilles Routhier et Laurier Turgeon

Photo: Christine Borello, Marc Robitaille

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