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Volume 50, numéro 7 | 9 octobre 2014

À la une

Québec, capitale de la géomatique

Seule université québécoise à former des géomètres et des ingénieurs en géomatique, l'Université Laval collabore à la tenue du GéoCongrès 2014 qui accueille une trentaine de pays

Par Pascale Guéricolas

L’influence grandissante des outils relatifs au positionnement sur la Terre est devenue bien évidente dans notre quotidien, que ce soit dans l’établissement des titres fonciers avant même qu’un édifice ne soit construit ou encore dans la place croissante de la géolocalisation dans nos vies ultrabranchées. Un congrès touchant à ce sujet se déroule jusqu’au 11 octobre à Québec. Sur le thème «Revoir notre monde», le GéoCongrès 2014 réunit près d’un millier de participants provenant d’une trentaine de pays. L’objectif premier de ce colloque international? Faire rayonner davantage l’expertise des acteurs impliqués dans la conception des outils de positionnement sur la Terre. D’ailleurs, il s’agira de l’une des rares fois où les arpenteurs et les géomètres côtoieront dans un même lieu les concepteurs d’outils géomatiques.

La forêt Montmorency a pris plus particulièrement part à ce colloque international pendant deux jours, alors qu’elle accueillait, mardi et mercredi dernier, des membres de la Fédération internationale des géomètres (FIG). La rencontre portait aussi bien sur le droit foncier que les derniers outils en matière de cartographie numérique. «Cela leur a permis d’échanger sur des sujets comme l’administration des terres après des catastrophes naturelles ou les perspectives cadastrales, tout en découvrant les infrastructures de la forêt Montmorency, souligne Annick Jaton, coprésidente du congrès et professeure à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique. J’ai pu y présenter les défis géomatiques, sur les activités passées, présentes et futures, que posent la récolte de la forêt ou les relevés de la faune avec la constitution de cartes intelligentes.»

Axé notamment sur la qualité de vie et le développement durable, le GéoCongrès – auquel assistent des professionnels venus de divers pays tels la Nouvelle-Zélande, le Maroc, le Congo ou la France – met l’accent sur l’aide que peuvent apporter certains outils géomatiques, un thème qui intéresse particulièrement certains participants comme Claire Galpin, présidente de Géomètres sans frontières, ou Robert Mbwinga, ministre des Affaires foncières en République démocratique du Congo. Dans certains pays en développement, l’absence de titres fonciers dûment enregistrés complique les possibilités de construction. Or, l’allègement de certaines technologies permet maintenant aux habitants d’assurer eux-mêmes l’arpentage de leur quartier ou de leur coin de campagne en produisant de la cartographie numérique.

Le GéoCongrès va également offrir l’occasion aux professionnels réunis d’échanger sur l’aide qu’apportent les outils géomatiques lors de certaines catastrophes, comme celle de Lac-Mégantic. Éric Houde, de la Direction générale de la sécurité civile et de la sécurité incendie, impliqué dans les suites de la tragédie ferroviaire, peut témoigner des difficultés posées par le partage de données géomatiques sur le transport, la sécurité civile, les rivières et les bâtiments. Pierre Desjardins, directeur des projets internationaux chez Trimble, spécialisé dans la géolocalisation, constate de son côté que des séismes comme celui subi par la Nouvelle-Zélande bouleversent passablement les points fiables de localisation sur la Terre. Il faut alors revoir les données qui alimentent les GPS.

Les GPS, il en sera d’ailleurs beaucoup question ce jeudi, lors de la conférence sur les sociétés géospatialisées donnée par Stéphane Roche, vice-doyen à la recherche et aux études de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université. Celui-ci se passionne pour les facilités de déplacement dans une ville qu’offre l’utilisation de réseaux de plus en plus intégrés. «Déjà, les utilisateurs qui attendent le métro à Londres peuvent lire sur un panneau d’affichage le nombre de places disponibles dans la rame qui arrive, explique le professeur. Dans peu de temps, certaines applications permettront aux gens à l’extérieur des grands réseaux de transport de rallier les trajets d’autobus en utilisant du covoiturage en temps réel, grâce à leur téléphone intelligent.» Plus que jamais, la géomatique fait vraisemblablement partie de notre vie!

Pour plus d’information: geocongres2014.ca

Karl Krüg

Pour une rare fois, les arpenteurs et les géomètres côtoient dans un même lieu les concepteurs d'outils géomatiques, ce qui fait de cette rencontre l'une des plus importantes du secteur au Canada.

Photo: Karl Krüg

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