Si la session pouvait finir… Si l’hiver pouvait se terminer… Si je pouvais obtenir mon doctorat… Si je pouvais décrocher cet emploi qui me permettra de changer de vie… Nous passons notre vie à souhaiter que quelque chose finisse… ou arrive. Pas étonnant donc que le bien-être soit si difficile à atteindre. Si par ailleurs il nous arrive d’obtenir ce que nous désirions de toutes nos forces, il survient alors un certain soulagement, un apaisement de l’esprit et du corps qui se rapproche du bien-être. Mais cet effet est éphémère. Au lieu de continuer à s’illusionner sur ce qui nous rendrait enfin heureux, penchons-nous plutôt sur les racines du bien-être. Comment cultiver et conserver cet état? Est-il possible d’envisager le bien-être sous un angle différent?

C’est l’exercice de réflexion qu’a proposé Dominique Morneau aux nombreuses personnes venues l’entendre au pavillon Ferdinand-Vandry, à l’occasion de la Semaine de la responsabilité sociale qui se déroule jusqu’au 29 mars sur le thème «Entrer dans la marge». Détenteur d’un doctorat en psychologie organisationnelle, Dominique Morneau a conçu et animé plusieurs programmes de formation, en plus d’avoir enseigné à l’Université Laval ainsi qu’à l’École nationale d’administration publique.

Tous autant que nous sommes à rechercher le bien-être, différentes voies s’offrent à nous, indique ce conférencier recherché. «Comme des études ont démontré que 50% de l’état de bien-être serait déterminé génétiquement et biologiquement, certaines personnes auraient gagné à la loterie du bonheur dès leur naissance», affirme le conférencier. Pour pallier ce manque, l’autre moitié, moins «chanceuse», dont l’existence risque d’être plus ou moins affectée par la dépression ou par différents troubles de l’humeur, peut s’en sortir en recourant à la pharmacologie. Ayant lui-même souffert d’hyperactivité durant son enfance, Dominique Morneau estime qu’il a pu poursuivre son chemin grâce à une médication appropriée. Cela dit, certains gènes se «réveillent» dans certains environnements. Il donne l’exemple du chauffeur de taxi dont l’hippocampe est plus développé que le commun des mortels, cette structure du cerveau jouant un rôle important dans la navigation spatiale.

Deuxième voie privilégiée pour accéder au bien-être: la méditation, à raison de quelques minutes par jour ou même de quelques secondes. L’important est d’être réaliste face à ses capacités de se retrouver seul avec soi-même, débranché de tout, qu’il s’agisse de son ordinateur ou de son téléphone cellulaire, assure Dominique Morneau. «Portez attention à une sensation: lorsque votre esprit sera absorbé par d’autres sensations ou par des pensées, ramenez-le doucement vers la sensation originale. Il n’est même pas nécessaire de fermer les yeux!»

Enfin, l’activité physique représente la troisième voie favorisant le bien-être. La pratique d’une activité, de modérée à haute intensité, sur une période de quatre mois, trois fois par semaine, pendant 45 minutes, apporterait des gratifications immédiates, dont celle de se sentir bien dans son corps. Par exemple, les effets positifs de 20 minutes de vélo se feraient sentir jusqu’à 12 heures dans l’organisme.

Le bien-être est-il lié davantage à la fréquence ou à l’intensité? demande Dominique Morneau. Culturellement, nous recherchons l’intensité, mais sommes-nous pour autant engagés dans la voie du bien-être? Quelles conditions de vie personnelles sont favorables à cet état? Les années d’éducation? On peut bien avoir un doctorat en poche, si l’on vit sur une île déserte, le diplôme ne sert à rien. Le couple, l’engagement amoureux? Ces situations apportent bien souvent leur lot de difficultés et d’insatisfactions. L’argent? Au-delà d’un certain montant, les gens jouissant d’un salaire plus élevé ne sont pas plus heureux que des personnes au portefeuille moins garni. La santé? Des recherches ont démontré que des personnes atteintes de cancer étaient légèrement plus heureuses que d’autres non touchées par la maladie, mais traînant avec eux leur boulet d’humeur dépressive. Ce qui est certain, révèle Dominique Morneau en se basant sur des études scientifiques, c’est qu’une vie sociale riche et les relations interpersonnelles participeraient fortement au bien-être des personnes. L’impression d’avoir le contrôle de sa vie jouerait aussi un rôle important.

Dominique Morneau suggère de penser différemment en faisant preuve de gratitude, véritable antidote à la négativité, à son avis: «Si vous aviez à dire merci à quelqu’un, à qui vous adresseriez-vous? Écrivez une lettre à cette personne et lisez-la devant elle.» Pour contrer les conflits, faisons preuve de bienveillance au lieu de manifester ou de provoquer du mépris. Et le remède au mépris réside dans le respect des autres, la considération et l’admiration.»

Organisée par la Faculté de médecine, la Semaine de la responsabilité sociale s’inscrit dans la volonté de la faculté de faire de la responsabilité sociale une priorité, entre autres à travers des initiatives de formation, d’intervention et de recherche.


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Organisée par la Faculté de médecine, la Semaine de la responsabilité sociale, qui a lieu jusqu'au 29 mars, s'inscrit dans la volonté de la faculté de faire de la responsabilité sociale une priorité.

Photo : Louise Leblanc