Les messages actuels faisant la promotion d’une alimentation santé ne parviennent pas à changer les habitudes alimentaires d’une bonne partie de la population. Fait-on fausse route en présentant le côté sérieux des aliments santé plutôt que leur côté givré? Oui et non, suggère une étude publiée dans la revue Current Developments in Nutrition par une équipe multidisciplinaire de l’Université Laval.

Les auteures de cette étude, dirigée par Simone Lemieux de l’École de nutrition et de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF), ont rédigé deux dépliants faisant la promotion d’une alimentation santé. Ces documents étaient en tous points identiques à une exception près. Le premier dépliant abordait le sujet sous un angle rationnel, faisant valoir la qualité nutritionnelle des aliments et leurs effets sur le niveau d’énergie, la santé globale et le contrôle du poids. Le second dépliant, axé sur la dimension affective de l’alimentation, mettait l’accent sur les plaisirs sensoriels des aliments et sur le plaisir de partager un repas, de cuisiner et de découvrir des produits nouveaux et variés.

Les chercheuses ont invité 100 personnes à lire l’un ou l’autre des dépliants puis elles ont recueilli leurs impressions. Comme prévu, chaque approche fait vibrer des cordes différentes chez les répondants. Le message véhiculé par le dépliant orienté sur le plaisir est tout de même jugé aussi crédible et convaincant que celui du dépliant axé sur la santé. Le type et l’intensité des émotions induites par la lecture des deux dépliants sont similaires. Enfin, les deux dépliants améliorent l’attitude globale par rapport à l’alimentation santé et ils influencent également l’intention de l’adopter.

Conclusion? «Les deux approches ont leurs mérites respectifs et chacune produit des effets particuliers sur l’attitude des personnes par rapport à une alimentation santé, résume la professeure Lemieux. Il se peut qu’une approche axée sur le plaisir ait plus de résonance auprès de certaines personnes et il faut en tenir compte en adoptant des interventions personnalisées. Par ailleurs, les campagnes de santé publique faisant la promotion d’une saine alimentation devraient prévoir des messages des deux types afin de rejoindre le plus de gens possible.»

L’étude est signée par Caroline Vaillancourt, Alexandra Bédard, Véronique Provencher, Sophie Desroches et Simone Lemieux, de l’École de nutrition et de l’INAF, Catherine Bégin, de l’École de psychologie, et Ariane Bélanger-Gravel, du Département d’information et de communication.