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Volume 53, numéro 20B | 6 mars 2018

Actualités UL

Le retour en grâce de la recherche fondamentale

Le gouvernement fédéral investira 925 M$ en cinq ans dans la recherche libre axée sur la découverte de connaissances nouvelles

Par Yvon Larose

Le retour du balancier. L’on pourrait décrire ainsi le rattrapage budgétaire majeur que compte effectuer le gouvernement fédéral dans le dossier du financement de la recherche scientifique au Canada. Cette volte-face se fera en faveur de la recherche libre, par opposition à la recherche dirigée qui prédominait durant les années Harper et depuis l’élection du gouvernement Trudeau. L’annonce a été faite le mardi 27 février, à Ottawa, lors du discours du budget 2018 du ministre des Finances, Bill Morneau. Celui-ci a qualifié le rééquilibrage en question de «plus grand investissement de l’histoire du Canada dans la recherche fondamentale». L’élément principal de cette annonce consiste en l’ajout, sur cinq ans à compter de l’année budgétaire 2018-2019, de 925 M$ aux budgets annuels des trois conseils subventionnaires du Canada. Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada recevront chacun 354,7 M$, et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, 215,5 M$. Ces montants représenteront en trois ans une augmentation de plus de 25% des sommes consacrées à la recherche fondamentale par les trois conseils.

«Il y avait un déséquilibre, explique la vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation, Eugénie Brouillet. La recherche fondamentale n’était pas la plus financée par le gouvernement fédéral depuis plusieurs années. Là, on sent que le gouvernement affirme, par son budget, l’importance de la connaissance, de la science, pour l’avancement des sociétés, le bien-être des individus et la croissance de l’économie.»

La vice-rectrice rappelle que les nouvelles connaissances scientifiques produites par les activités de recherche fondamentale ne conduisent pas nécessairement à des applications immédiates, mais elles pourront un jour mener à de grandes découvertes. «Pensons ici aux mathématiques, dit-elle. De nouvelles formules pourront peut-être mener à des découvertes révolutionnaires en intelligence artificielle. Ce type de recherche, le mot le dit, est fondamental.»

Le budget fédéral consacrera à la recherche une somme totale de 3,8 G$ au cours des cinq prochaines années. En plus de l’argent finançant la recherche fondamentale, le gouvernement injectera 763 M$ sur cinq ans dans des infrastructures de recherche de pointe par l’entremise de la Fondation canadienne pour l’innovation. L’exploitation de données massives obtiendra 572,5 M$ sur cinq ans. Un montant de 540 M$ sur cinq ans ira à la «réinvention» du Conseil national de recherches Canada. Le budget Morneau prévoit aussi la création d’un fonds d’appui à la recherche internationale et interdisciplinaire. Ce fonds desservira les trois conseils subventionnaires. Il sera doté d’un budget de 275 M$ sur cinq ans. Le Fonds de soutien à la recherche recevra, quant à lui, un financement de 231,3 M$ sur cinq ans. Les Chaires de recherche du Canada obtiendront un nouvel investissement de 210 M$ sur cinq ans qui pourrait permettre la création de quelque 250 chaires.

«Je dirais que le budget reconnaît la diversité de la recherche, soutient Eugénie Brouillet. Il reconnaît notamment l’importance de la recherche interdisciplinaire. Les grands enjeux de société sont tellement complexes aujourd’hui qu’il faut souvent collaborer avec des chercheurs d’autres disciplines si on aspire à saisir la réalité dans toute sa complexité et à développer des solutions innovantes. La notion de diversité s’appliquera aussi aux récipiendaires de nouvelles chaires. Il y a une demande très claire pour faire en sorte que les titulaires soient plus représentatifs de la diversité canadienne. Cet appel à la diversité vise, entre autres, les chercheurs en début de carrière, les femmes, les minorités visibles et les personnes vivant avec un handicap.»

À l’Université Laval, la communauté des chercheurs s’est réjouie du réinvestissement massif du fédéral dans la recherche, en particulier dans la recherche fondamentale. Quelle sera la suite des choses? «Dans les prochaines semaines, répond la vice-rectrice, nous allons décortiquer la section “Recherche” du budget fédéral. Nous nous assurerons que nos chercheurs puissent bénéficier le plus possible des annonces faites par le ministre. Tout le monde devrait y trouver son compte. Le financement annoncé veut dire que davantage de chercheurs pourront obtenir du financement pour leurs travaux. Le monde de la recherche sortira gagnant de l’exercice.»

L’Université Laval se situe présentement (2015-2016) au 6e rang des universités de recherche canadiennes grâce à des revenus de recherche de 377 M$. En mars 2018, on trouve, à l’Université, 4 chaires d’excellence en recherche du Canada, 80 chaires de recherche du Canada, 79 chaires de recherche en partenariat, 44 chaires de leadership en enseignement, 4 unités mixtes internationales: France, Brésil, Italie et Suisse, 2 unités mixtes de recherche, 5 laboratoires internationaux associés, 11 instituts, 41 centres de recherche reconnus par le Conseil universitaire et 3 centres de recherche affiliés.

recherche

Recherche fondamentale, recherche interdisciplinaire, le budget fédéral prévoit des investissements majeurs afin d'accroître la diversité en science et en recherche au Canada.

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