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Volume 50, numéro 27 | 9 avril 2015

Actualités UL

Du rêve à la réalité

Le nouveau cours Journalistes indépendants et entrepreneurs apprend aux aspirants journalistes et communicateurs à tirer profit des bouleversements du monde médiatique

Par Matthieu Dessureault

En cette période d’incertitude économique, les journalistes sont nombreux à devenir leur propre patron. Avant de se lancer dans l’aventure, toutefois, il est important d’être bien outillé pour éviter les lendemains qui déçoivent. C’est pourquoi le cours Journalistes indépendants et entrepreneurs a été créé par les professeurs Jean-Marc Fleury et François Demers, du Département d’information et de communication. Ce cours vise à doter les étudiants des connaissances de base nécessaires à la réussite d’une carrière de journaliste indépendant ou de créateur d’entreprise.

François Demers admet que les temps sont difficiles pour ceux qui rêvent d’une carrière dans les médias. «La compétition entre les candidats est très forte et plusieurs débouchés sont menacés. Par contre, on voit arriver sur le marché de nouvelles possibilités, dont le modèle de financement n’est pas celui du salariat dans les grandes entreprises stables», explique cet ancien journaliste.

Ouvert à tous, son cours réunit une série d’experts en plan d’affaires et en fiscalité ainsi que des journalistes indépendants et des créateurs de nouveaux médias. Chaque semaine, ces différents professionnels viennent présenter leur expérience personnelle ou des études de cas. Mariève Paradis, la cofondatrice de Planète F, a profité de l’invitation, le 20 mars dernier, pour donner des conseils juridiques et financiers. «Diriger un média implique de cumuler plusieurs fonctions, que ce soit en marketing, en réseautage, en gestion ou en comptabilité. On est loin de faire uniquement du journalisme. Il y a beaucoup de tâches connexes dont je ne réalisais pas l’ampleur au début», dit celle qui a lancé son entreprise en 2013 grâce à une campagne de sociofinancement.

Planète F est un magazine Web, accessibles seulement aux abonnés, qui aborde des enjeux liés à la famille. Franc succès, il accueille jusqu’à 15 000 visiteurs uniques par mois et emploie une dizaine de collaborateurs. Pour la cofondatrice, qui a plusieurs projets en tête, le numérique permet de donner un nouveau souffle à la profession. «Nous sommes dans une période fantastique pour nous réinventer. Le journalisme n’est pas mort, mais il faut être capable d’innover et ne pas avoir peur du risque.»

Ce message d’espoir trouve écho auprès d’André Lavoie. Journaliste résolument indépendant, il signe depuis bientôt vingt ans des articles, des chroniques et des critiques de films dans différents médias. On peut le lire, entre autres, dans Le Devoir, Coup de pouce et sur le site Mediafilm.ca. Sans être pessimiste, il fait preuve de réalisme lorsqu’il parle de son métier aux étudiants. «La pige n’est pas un travail de seconde zone; c’est un choix de carrière où l’on peut s’épanouir. Mais il faut aussi prendre conscience des désavantages du travail autonome, comme l’absence de convention collective, de congés de maladie ou de vacances payées.»

Faire de la pige, d’accord, mais comment se démarquer de la concurrence? Passion, sens de l’éthique, rigueur et ponctualité font partie des mots d’ordre, selon lui. «Si le pigiste est bon, les rédacteurs en chef apprécieront son travail et il aura plus de chances de s’imposer. S’il remet ses articles en retard, si ses textes sont bourrés de fautes ou s’il ne respecte pas les commandes, il y a fort à parier qu’on ne le rappellera jamais.»

Le cours Journalistes indépendants et entrepreneurs est actuellement offert en formule exploratoire. Ses créateurs songent à adapter le contenu à d’autres programmes d’études.

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Le métier implique démarchage, réseautage, relation avec les clients, factures, gestion de droits d'auteur… Être son propre patron dans le milieu journalistique ne s'improvise donc pas.

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