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Volume 49, numéro 23 | 13 mars 2014

À la une

Réveil au chant du coq

Avec Le coq de St-Victor, Pierre Greco signe le premier long métrage d'animation francophone entièrement réalisé à Québec

Par Matthieu Dessureault

Tous les matins depuis sept ans, les habitants de Saint-Victor se font tirer du lit par le coq du maire. Exaspérés, ils décident de le troquer contre l’âne paresseux d’un village voisin. Voici la prémisse du Coq de St-Victor, une comédie désopilante réalisée par Pierre Greco et produite par Nancy Florence Savard, de la boîte 10e Ave. Plusieurs personnalités ont prêté leur voix à ce film d’animation, dont Guy Jodoin, Anne Dorval, Gaston Lepage, Guy Nadon et Mariloup Wolfe. L’histoire est tirée d’un roman de l’auteure jeunesse Johanne Mercier, conjointe du réalisateur avec qui elle a écrit le scénario.

Coloré et ludique, Le coq de St-Victor est destiné au jeune public, mais plaira aussi à leurs parents. Tous apprécieront la signature visuelle du film, résultat de plusieurs mois de travail avec le studio FrimaFX. Doté d’un budget de trois millions de dollars, le projet a mobilisé une centaine d’artistes. Ils ont réussi le pari de faire un film 100% québécois, à Québec de surcroît, pouvant rivaliser avec les mégaproductions de Disney ou Pixar. «La chose la plus importante que j’ai apprise est que la contrainte peut être un excellent moteur de création. Plusieurs scènes ont dû être simplifiées pour des raisons de production, mais le résultat est de loin supérieur à ce qui avait été prévu», dit Pierre Greco, joint en République dominicaine où il prend une pause du tourbillon médiatique entourant la sortie du film. Le réalisateur a toutes les raisons de célébrer. En salles depuis le 21 février, son film a reçu le prix du public au FIFEM de Montréal et le prix de la meilleure réalisation au Festival de cinéma pour enfants de Québec.

Il faut dire que Pierre Greco n’est pas un novice dans le milieu. Au fil de sa carrière, il a touché autant à l’animation qu’à la fiction, la publicité, le documentaire et le reportage. Sa filmographie compte la série W, diffusée à Télétoon et vendue dans plusieurs pays, et le long métrage Un petit vent de panique. Depuis trois ans, il transmet ses connaissances du scénarimage (story-board) comme chargé de cours à l’École de design. Un travail qu’il ne quitterait pour rien au monde. «C’est important pour moi d’enseigner, dit-il, car la connaissance est la base sur laquelle nous développons nos passions. Le story-board est le meilleur moyen pour écrire un dessin animé. Il faut le considérer comme une étape importante. Quand on fait un story-board, les scènes se précisent, changent, ou même se transforment complètement. C’est étonnant le nombre de gags que l’on peut trouver à cette étape!»

Son métier, le volubile Pierre Greco pourrait en parler pendant des heures. Son ancien étudiant Sylvain Karpinski, aujourd’hui pigiste dans le milieu de l’animation, se souvient d’un professeur passionné et très intense. «Il mettait beaucoup d’énergie dans ses présentations. Sa flamme et son enthousiasme font en sorte que ses cours étaient tout à fait captivants. On sent qu’il a un bon bagage et une fine connaissance du cinéma.»

La prochaine année s’annonce chargée pour Pierre Greco. Dès son retour de vacances, il travaillera au développement d’un second film d’animation, Mission Katmandou, qu’il coréalisera cette fois avec Nancy Florence Savard.

Productions 10e Avenue

Doté d'un budget de trois millions de dollars, le projet a mobilisé une centaine d'artistes, dont les Guy Jodoin, Anne Dorval, Gaston Lepage, Guy Nadon et Mariloup Wolfe qui y ont prêté leurs voix.

Photo: Productions 10e Avenue

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