«Les écosystèmes de l’Université Laval – Construire le campus du futur». C’est le titre que Gabriel Lavallée, Thibault Nguyen et Frédérique Trottier ont donné à leur projet réalisé l’automne dernier dans le cadre de l’atelier/laboratoire de design urbain de l’École d’architecture. L’exercice, auquel prenaient part 12 autres étudiantes et étudiants répartis en trois équipes, était intitulé «Rêver l’aménagement et le développement du campus de l’Université Laval». Tous étaient inscrits à la maîtrise en architecture ou à la double maîtrise en architecture et design urbain.

Le mercredi 19 décembre, ces équipes ont présenté leur projet respectif devant un vaste auditoire à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. D’entrée de jeu, Frédérique Trottier a posé un diagnostic en cinq points: la cité universitaire souffre d’une déconnexion avec la ville environnante, elle est monofonctionnelle, on y note à la fois une absence d’échelle humaine, une séparation franche entre les modes de transport et une priorité donnée aux véhicules motorisés. «Notre projet, a expliqué l’étudiante, vise à créer cinq écosystèmes interdépendants pour un campus exemplaire, perméable, attrayant et convivial à l’échelle humaine, favorisant une mixité sociale et fonctionnelle.»

Érick Rivard est architecte et designer urbain. Il est également chargé de cours responsable de l’atelier/laboratoire. «Le projet de Gabriel Lavallée, Thibault Nguyen et Frédérique Trottier, dit-il, s’intéresse à plusieurs lieux traditionnellement délaissés dans les réflexions du campus, notamment le Grand Axe et la façade civique de l’Université Laval sur le boulevard Laurier.»

Par une série d’interventions stratégiques, ce groupe d’étudiants vise à réactiver le cœur du campus, entre autres par la création d’une nouvelle maison des étudiants inspirée du campus de l’Université York, en Ontario. Le projet vise aussi à redonner une utilité au Grand Axe par l’aménagement d’un immense jardin filtrant de biorétention et par la circulation d’un tramway. Les étudiants proposent également de doter l’Université d’une adresse urbaine sur le boulevard Laurier. Cette vitrine sur la ville des activités de l’Université sera aussi un lieu d’échanges citoyen.

L’été dernier, le Comité d’aménagement et de mise en œuvre de l’Université Laval (CAMEO) a entrepris des discussions avec la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design, et ses écoles, en vue d’une participation des étudiants à la réflexion entourant la révision de son plan directeur, lequel date de 2005. Lors de la présentation du 19 décembre, le président du CAMEO, Robert Desmeules, a déclaré que les projets étudiants représentaient «un travail créatif comportant des idées qui vont servir à alimenter notre réflexion.»

Dans leur démarche, les étudiants se sont inspirés de la Planification stratégique 2017-2022 de l’Université. Ils ont tenu compte du fait que la cité universitaire sera l’un des seuls endroits de la ville où se rencontreront les trois modes supérieurs du futur réseau de transport, soit le Métrobus, le trambus et le tramway. Trois universités ontariennes, dont l’effectif étudiant est comparable à celui de l’Université Laval, ont été visitées dans le but de comprendre l’impact de l’arrivée d’un transport structurant au cœur d’un campus universitaire. Les étudiants ont notamment visité York, un campus de banlieue, que desservent deux nouvelles stations de métro. Ils ont également vu le campus régional de Waterloo, que traverse une nouvelle ligne de tramway. Tout au long de la session, les étudiants ont pu compter sur les conseils d’un comité de suivi. Ce comité était constitué d’experts de tous les domaines liés au thème de l’atelier/laboratoire et de partenaires de l’Université.

Érick Rivard peut dire «mission accomplie». «Au-delà des projets proposés, explique-t-il, le but de l’atelier est de faire réfléchir, de soulever des questions et de révéler des potentiels, c’est ce que nous avons fait!» Selon lui, les étudiants sont très enthousiastes face à l’avenir du campus. «Ils ont tous misé, poursuit-il, sur une plus grande mixité au-delà des fonctions universitaires que nous connaissons aujourd’hui: plus de services, plus d’espaces extérieurs de qualité, mais aussi plus de typologie de logement pour loger des ménages qui ne seraient pas nécessairement des étudiants. Ils ont considéré le campus comme un morceau de la ville à part entière, qui devrait avoir une image forte et résolument identifiable, mais où les limites devraient tendre à s’estomper pour favoriser une porosité avec les quartiers limitrophes pour les piétons et les cyclistes.»

Toutes les équipes ont innové, notamment en proposant des écoquartiers sur le campus. Une nouvelle formule de parc technologique, le long de l’axe Robert-Bourassa, a été avancée. Certains étudiants ont eu l’idée de créer un véritable parvis public pour les activités du Rouge et Or sur le chemin Sainte-Foy. «Le transport en commun, ajoute Érick Rivard, jouera certainement un rôle majeur sur les transformations à venir.»

Les travaux des quatre équipes étudiantes seront accessibles, à compter du mois de février, sur le site de l’atelier/laboratoire de design urbain  de l’École d’architecture.

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Dans leur projet, Myrtille Bayle, Marianne Dallaire, Olivier Dubois-Bergevin et Priscilla Lavallée proposent de rapprocher le long du boulevard Robert-Bourassa, transformé en boulevard urbain, ces lieux d'innovation que sont les parcs technologiques, afin de faire émerger de nouvelles collaborations. L'Université Laval devient ainsi un véritable incubateur de recherche et de transfert technologique. Sur l'illustration, les bâtiments de couleurs représentent autant d'ajouts imaginés autour du pavillon Ferdinand-Vandry.

Photo : Myrtille Bayle, Marianne Dallaire, Olivier Dubois-Bergevin, Priscilla Lavallée