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Volume 53, numéro 19 | 15 février 2018

Actualités UL

En route vers la COP24

La COP23 aura été une conférence transitoire en vue de finaliser les règles de l'Accord de Paris en décembre 2018, selon des experts du campus

Par Nathalie Kinnard

La COP23 – la 23e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, a été une COP de transition. Si l’objectif était de préciser et de détailler les différents articles de l’Accord de Paris, il y aura eu beaucoup de discussions, mais peu d’engagements de la part des États membres.

C’est le constat formulé par les intervenants invités à la table ronde «COP23: Regards croisés sur les négociations climatiques», organisée par l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société (EDS) de l’Université. «Les négociations sont techniques et complexes. Il n’y a pas qu’une solution à un problème, et tous les États doivent s’entendre sur chaque mesure. C’est ce qui explique la lenteur du processus», signale Géraud de Lassus Saint-Geniès, chargé de cours à la Faculté de droit. Ce spécialiste en droit international sur les changements climatiques a été accrédité par l’Université pour observer les négociations de la COP23 à Bonn, en Allemagne, en novembre 2017. Il cite en exemple les mécanismes du marché du carbone. L’Accord de Paris prévoit que les différents États doivent rendre des comptes à propos de leurs actions et de leurs résultats, tout en ayant une certaine flexibilité. Par contre, aucune règle précise n’a été établie. Quelle marge de manœuvre doit-on laisser aux pays? Quel rôle doit jouer la surveillance internationale? Ces questions sont toujours en suspens.

Par ailleurs, Sophie Lavallée, professeure à la Faculté de droit spécialisée en droit de l’environnement, signale que, selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement, la planète n’a atteint que 30% de l’effort requis pour limiter la hausse globale de la température à 2 degrés Celsius. «Les États doivent rehausser leur contribution, fait-elle remarquer. Malheureusement, il n’y a pas eu d’avancées sur ce point à la COP23.» Le fait que les États-Unis se soient retirés politiquement de l’Accord de Paris ne serait pas étranger à la lenteur des négociations, qui se cherchent un meneur.

Si les discussions dans la zone réservée aux membres de la COP23 ont donné peu de résultats tangibles, celles qui se tenaient dans l’espace réservé aux acteurs civils se sont soldées par quelques belles initiatives. Citons, par exemple, la mise en place d’une plateforme sur les savoirs et les connaissances autochtones pour aider la lutte contre les changements climatiques, l’Alliance pour la sortie du charbon menée par le Canada et le Royaume-Uni, un accord sur l’agriculture intelligente et le Plan d’action pour l’égalité des sexes. «L’espace destiné à la société civile augmente en superficie et en participation depuis la rencontre de Paris en 2015», note Marielle Papin. Cette doctorante au Département de science politique a été envoyée à la COP23 par l’Institut EDS pour observer, notamment, le rôle des villes et de leurs réseaux. «Les villes sont responsables de 70% des émissions de gaz à effet de serre, même si elles ne représentent que 50% de la population, souligne Marielle Papin. Elles ont donc un rôle crucial dans l’action climatique locale et mondiale.» Les villes participent donc à plusieurs alliances qui proposent des solutions innovantes pour la lutte contre le réchauffement climatique. C’est le cas de Montréal, qui fait partie notamment des réseaux C40, ICLEI, Global Covenant of Mayors for Climate and Energy, 100 Resilient Cities et Metropolis. La doctorante remarque que l’incidence, les actions et l’envergure de ces réseaux ne cessent d’augmenter.

D’ici la prochaine COP, qui se tiendra en décembre 2018 en Pologne, les différents États entretiendront le dialogue de Talanoa, initié par les îles Fidji, afin d’établir un bilan global de leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette conversation internationale, qui inclut également la société civile, alimentera les négociations finales de la COP24 visant à augmenter les efforts collectifs d’atténuation des émissions polluantes. «L’année 2018 sera celle des résultats et des décisions écrites à propos de l’Accord de Paris», conclut Sophie Lavallée.

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Selon le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement, la planète n'a atteint que 30% de l'effort requis pour limiter la hausse globale de la température à 2 degrés Celsius.

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