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Volume 52, numéro 27 | 18 mai 2017

Vie étudiante

La science dans toute sa beauté

Trois oeuvres signées par des chercheurs de l'Université Laval font partie des finalistes du concours La preuve par l'image

Par Matthieu Dessureault

Souvent, science et art font bon ménage. Avec l’utilisation de technologies de plus en plus performantes, la recherche donne lieu à des images esthétiques des plus spectaculaires. Dans son laboratoire, Bertrand De Dorlodot, étudiant à la maîtrise en biophotonique, travaille avec une nouvelle méthode d’imagerie, la microscopie holographique numérique. Cet outil permet d’observer des objets transparents. Alors qu’il s’apprêtait à étudier des neurones sur une lamelle de microscope, il a vu apparaître… un cristal de sel!

Ébloui, il a conservé cette image. «Les cristaux se forment généralement à partir d’une poussière ou, possiblement dans ce cas-ci, d’un défaut dans la lamelle de verre. À partir de ce point de départ, ils se développent dans toutes les directions, d’où l’aspect étoilé, en tentant de recouvrir le plus possible la surface, ce qui explique leur caractère fractal. Ce sont ces deux caractéristiques qui font que cette image accroche le regard», dit-il.

Son oeuvre, intitulée Voir un cristal de sel, fait partie des vingt finalistes du concours La preuve par l’image. Organisé annuellement par l’Association francophone pour le savoir – ACFAS, ce concours est consacré aux images issues de travaux scientifiques. Il est ouvert aux chercheurs canadiens de tous les domaines. Toutes les méthodes de production visuelle sont acceptées: photographie, radiographie, dessin, graphique, etc.

En plus de leur image, les participants doivent fournir un court texte explicatif sur leur projet de recherche. «Ce concours permet de montrer au grand public ce qui se fait dans les laboratoires à travers le pays et ce qu’on y étudie, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. C’est d’ailleurs tout un défi de vulgariser, en quelques mots, notre image, son histoire, son message et ce qu’elle évoque pour la recherche scientifique!», souligne Bertrand De Dorlodot.

Alix Denoncourt en est à sa deuxième participation au concours. Avec Steve Charette et Richard Janvier, deux autres chercheurs de l’Institut de biologie intégrative et des systèmes, elle a soumis l’image d’un protozoaire Tetrahymena. Cet organisme unicellulaire, que l’on retrouve principalement en eaux douces, consomme de grandes quantités de microorganismes, sans trop se soucier de leur comestibilité. Il ingurgite ainsi des bactéries parasites potentiellement fatales. Pour éviter la mort, il les emballe dans de petites boules fécales afin de les expulser. Ce sont les taches jaunes que l’on voit dans l’image.

La chercheuse étudie ces bactéries afin de mieux comprendre les méthodes de transmission de certaines maladies, comme la tuberculose. «En gros, le protozoaire ne fait que nager et manger des bactéries. Il s’agit d’un organisme idéal pour étudier les interactions avec les bactéries puisqu’il est un prédateur vorace. Certaines bactéries pouvant être pathogènes pour l’humain le sont également pour les protozoaires. Elles peuvent infecter leurs cellules de la même manière qu’elles le font chez l’humain.»

Outre sa valeur scientifique, l’esthétique du protozoaire le rend des plus intéressants à ses yeux. «La cellule est très jolie. Sa forme rappelle certaines choses visibles à l’œil nu, comme une baleine. À l’origine, la photo était en noir et blanc; nous y avons ajouté des couleurs afin de pouvoir distinguer les deux structures et mettre l’accent sur les boules fécales.»

La troisième image issue de l’Université Laval est celle de Nelly Manéglia, étudiante à la maîtrise en sciences de la Terre. Migration des minéraux présente deux faces d’un grain de sable possiblement lié à un gisement de sulfures massifs volcanogènes. L’image, produite à l’aide d’un microscope polarisant, marque par ses nombreux effets lumineux.

Les vingt images finalistes seront exposées au Biodôme de Montréal jusqu’à la fin décembre. Les lauréats des trois prix du jury et du prix du public seront annoncés l’automne prochain à l’émission Découverte de Radio-Canada. Ces prix seront remis au prochain gala de l’ACFAS, le 8 novembre.

Découvrez les vingt images finalistes


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Petits cadeaux empoisonnés, de Steve Charrette, Alix Denoncourt et Richard Janvier

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Migration des minéraux, de Nelly Manéglia

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Voir un cristal de sel, Bertrand De Dorlodot

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