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Volume 54, numéro 3 | 13 septembre 2018

À la une

Scientifique et auteure jeunesse

Docteure en biochimie, Diane Bergeron met ses connaissances scientifiques au service d'histoires captivantes

Par Matthieu Dessureault

Chargée de cours au Département de littérature, théâtre et cinéma, où elle donne le cours Écriture pour enfants et adolescents, et animatrice d’ateliers d’écriture à l’Université du 3e âge de Québec, Diane Bergeron nage dans le monde des livres. La série policière Biocrimes, c’est elle. On lui doit aussi la série historique Atlas et les collections Ethnos et Muscade le dragon. En 15 ans, elle a écrit ou traduit près d’une trentaine d’ouvrages.

Ses lecteurs ne seront pas étonnés d’apprendre que Diane Bergeron se destinait d’abord à une carrière scientifique. Diplômée d’un doctorat en biochimie, elle travaillait autrefois dans un laboratoire de chimie bio-organique, où elle faisait des recherches dans le domaine du clonage. «J’ai cessé de faire du clonage quand j’ai cloné mes quatre enfants. À partir de ce moment, il fallait que je m’occupe d’eux!», blague-t-elle.

C’est durant son congé de maternité qu’elle a retrouvé une boîte à souvenirs dans laquelle il y avait un texte écrit à l’époque de ses études au cégep. Il n’en fallait pas plus pour lui redonner le goût de l’écriture. Elle s’est inscrite à un atelier de formation, ce qui lui a permis de bonifier et de peaufiner sa nouvelle. Ainsi est né Le chien du docteur Chenevert, le premier roman de la série Biocrimes. L’histoire est celle d’une policière qui enquête sur les expériences menées par un savant fou dans un laboratoire clandestin.

Ce livre, comme plusieurs autres qui ont suivi, est utilisé dans des écoles secondaires pour discuter de sujets qui touchent à l’actualité scientifique. Même si ses histoires s’adressent aux enfants ou aux adolescents, Diane Bergeron n’hésite pas à aborder des thèmes complexes comme la transplantation, le bioterrorisme et le dopage chez les athlètes. «Les romans reposent sur des bases scientifiques, mais ce ne sont pas que de la science! Les aventures et le suspense qu’on y trouve permettent d’accrocher les jeunes et de les intéresser à des sujets qui peuvent sembler compliqués», explique-t-elle.

D’un projet à l’autre, l’auteure se documente énormément. Elle lit des articles scientifiques, consulte des experts, fait des entrevues. Pour Tempête sur la Caniapiscau, elle a entrepris de longues recherches, notamment dans les archives du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, pour mettre à jour une histoire inconnue de plusieurs: la tempête qui s’est abattue en 1984 sur la rivière Caniapiscau, causant la destruction de barrages hydroélectriques et la mort de plusieurs milliers de caribous. «J’ai eu accès à une mine d’or de renseignements! À force d’écumer les archives, j’ai pu mieux comprendre cette tragédie dont personne ne voulait parler. C’était tabou», raconte l’auteure, dont le récit tourne autour d’un jeune Inuk révolté par le peu de respect que les gens portent à la nature.

Pour Diane Bergeron, les personnages et les actions qu’ils posent ont une importance capitale. Les héros issus de son imagination sont forts et entreprennent de grands projets. «En littérature jeunesse, il faut être responsable par rapport aux histoires que l’on raconte. Les enfants sont en pleine formation et peuvent utiliser nos personnages comme modèles. L’auteur jeunesse a une responsabilité, car il crée des personnages et des actions qui peuvent énormément influencer ses lecteurs», conclut-elle.

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Photo : Isabelle Richard

Diane Bergeron est chargée de cours au Département de littérature, théâtre et cinéma et animatrice d'ateliers d'écriture à l'Université du 3e âge de Québec

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Diane Bergeron a publié les romans Le chien du docteur Chenevert et Tempête sur la Caniapiscau.

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