Avec le soleil qui s’est enfin pointé le bout du nez, de nombreux cyclistes ont commencé à enfourcher leur vélo pour venir travailler ou étudier sur le campus. Émilie Rioux, elle, a sorti sa trottinette, son véhicule de prédilection depuis quatre ans. «Sur le campus, c’est vraiment pratique de se balader en trottinette! Facile d’entretien, la trottinette offre un avantage d’instantanéité que le vélo n’a pas: nul besoin de la stationner quelque part. On peut la plier, la mettre sous son bras et entrer là où on a besoin d’aller», fait-elle remarquer.

Chaque jour, Émilie Rioux part de chez elle, en basse-ville, pour rejoindre les locaux de CHYZ, où elle anime une émission. Ce parcours, entrecoupé d’un bref trajet en autobus pour monter la pente, lui procure une petite dose de bonheur quotidien. Sa passion pour la trottinette est telle qu’elle a créé une page Facebook, Le Club de trottinette de Québec, où elle donne des conseils sur l’art de se déplacer en ville en toute sécurité. «Ce projet, que j’ai lancé un peu à la blague, vise à encourager les gens à oser la trottinette. Plusieurs associent ce moyen de transport aux enfants. Je veux détruire ce préjugé. En Europe et ailleurs dans le monde, la trottinette est un moyen de transport à la mode. De plus en plus, on voit apparaître des trottinettes en libre-service.»

Pour Andrée-Anne Stewart, c’est le jogging qui prime! Six mois par année, dès l’arrivée du beau temps, cette employée de la Direction des communications quitte sa maison au pas de course pour se rendre au bureau. «Avec le train-train quotidien, il est parfois difficile de trouver du temps pour l’entraînement. Pour moi, la course est une façon de joindre l’utile à l’agréable. Cela me permet de me déplacer tout en étant active.»

Andrée-Anne Stewart habite à 5 kilomètres du campus, un trajet qui lui prend environ 27 minutes à faire. «Avec une voiture, ça me prendrait plus ou moins 17 minutes. Pour 10 minutes de plus, non seulement je m’entraîne, mais j’économise le coût de la vignette de stationnement. En arrivant à mon pavillon, j’ai accès à des douches pour me préparer. Nous sommes chanceux, à l’Université Laval, d’avoir accès à de telles infrastructures.»

Ces dernières années, plusieurs mesures ont été prises sur le campus pour faciliter la vie de ceux qui, comme Émilie Rioux et Andrée-Anne Stewart, ont choisi la voie du transport actif. Entre autres exemples, le réseau de pistes cyclables a été amélioré, des casiers sécurisés et des supports à vélo ont été ajoutés, des espaces piétonniers ont été aménagés et la signalisation a été modifiée pour sécuriser certaines intersections.

Derrière ces initiatives se trouve un objectif on ne peut plus clair: encourager la communauté universitaire à délaisser la voiture, grande source d’émission de gaz à effets de serre. «L’approche de l’Université Laval en matière de déplacement durable n’est pas coercitive, précise Claudie Tremblay, coordonnatrice d’opérations au Service de sécurité et de prévention (SSP). On met en place des outils, des services et des infrastructures et on informe les étudiants et les employés afin de leur permettre de faire des choix en fonction de leurs convictions et de leur mode de vie.»

«Les gens qui se déplacent sur le campus peuvent être classés en trois groupes, ajoute René Bousquet, coordonnateur aux infrastructures au SSP. Vingt pour cent d’entre eux sont des habitués du transport en commun qu’on n’a pas besoin de convaincre des avantages de ce moyen de transport. À l’opposé, 20% des membres de la communauté universitaire continueront de prendre leur auto, peu importe les changements proposés. Entre ces deux profils, il y a ceux qui pourraient être tentés de se déplacer à vélo, à pied ou en autobus selon les modifications apportées. C’est sur ce 60% que l’on cible nos interventions, particulièrement durant l’été, une période propice pour encourager les gens à changer leurs habitudes de transport.»

Stratégie payante? Il semble que oui. De 2012-2013 à 2017-2018, les taux de permis de stationnement vendus par l’Université par rapport au nombre équivalent d’employés et d’étudiants à temps plein ont baissé de 10,22%. L’administration a donc dépassé son objectif initial, qui était de 8%.

Divers facteurs expliquent la tendance à se tourner vers le transport collectif et actif. «Selon nos données, chaque changement structurant fait une différence, constate Claudie Tremblay. Quand le Réseau de transport de la Capitale a amélioré son service eXpress provenant du nord de la ville et qu’une voie réservée aux autobus a été implantée sur l’autoroute Robert-Bourassa, nous avons vu une augmentation d’inscriptions à L’abonne BUS chez les employés. Tandis que la flotte automobile augmente autour de Québec, plusieurs personnes n’ont plus envie de vivre le stress associé au trafic et les risques d’accident.»

Pourquoi ne pas profiter du Mois du vélo, en cours jusqu’au 31 mai, pour tenter l’expérience? Un peu partout à Québec, plusieurs activités sont proposées pour promouvoir le vélo. Le 15 mai, de 7h30 à 9h30, des employés de l’Université seront répartis à certains endroits du campus pour accueillir les cyclistes avec un déjeuner-collation. Les passionnés du vélo sont également invités à s’inscrire sur la plateforme Défi du Mois du vélo pour courir la chance de remporter des prix! Il suffit de s’inscrire sous la bannière de l’Université Laval en précisant son unité ou sa faculté d’appartenance.

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