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Volume 53, numéro 26 | 3 mai 2018

Recherche

Séparer ou non les jumeaux à l’école?

Sur le plan de la réussite scolaire, rien n'indique qu'une option soit supérieure à l'autre, conclut une vaste étude

Par Jean Hamann

Rien n’indique que le fait de placer des jumeaux dans des classes différentes améliore ou nuise à leur réussite scolaire, conclut une équipe internationale de chercheurs au terme d’une étude portant sur plus de 18  000 enfants. Publiée dans la revue Developmental Psychology, cette recherche, à laquelle ont participé l’étudiante-chercheuse Gabrielle Garon-Carrier et les professeurs Michel Boivin et Ginette Dionne, de l’École de psychologie, vient injecter une bonne dose de données probantes dans un débat qui divise depuis un bon moment les parents, les enseignants et les directions scolaires au Québec et ailleurs dans le monde.

Les chercheurs ont évalué périodiquement trois indicateurs de réussite scolaire chez plus de 9 000 paires de jumeaux du Québec et du Royaume-Uni âgés de 7 à 16 ans. Il s’agit du rendement scolaire de l’enfant par rapport au reste du groupe, déterminé par son professeur, des habiletés cognitives générales quantifiées à l’aide de différents tests, et de la motivation scolaire établie à partir des réponses fournies par les jeunes à des questions portant sur leur intérêt pour différentes matières.

Les analyses des chercheurs montrent que le fait que les jumeaux soient séparés ou qu’ils soient dans la même classe n’a aucune influence sur ces trois indicateurs de réussite scolaire. Cette conclusion s’applique aussi bien aux jumeaux homozygotes, communément appelés vrais jumeaux, qu’aux jumeaux dizygotes. «Sur le plan scolaire, il n’y a pas d’avantages ou de désavantages clairs au fait de placer les jumeaux dans des classes séparées, résume Gabrielle Garon-Carrier. Il n’y a donc pas de raison d’imposer des règles rigides au sujet de la séparation des jumeaux à l’école.»

La décision de séparer ou non des jumeaux doit tenir compte des aspects socioaffectifs et de la dynamique des enfants, poursuit-elle. «Les parents peuvent préférer que leurs enfants soient dans des classes différentes pour éviter les comportements fusionnels et la dépendance, pour que chaque enfant développe pleinement sa personnalité propre ou encore pour réduire la compétition entre jumeaux. À l’opposé, ils peuvent souhaiter que leurs enfants soient dans la même classe pour éviter les répercussions émotionnelles négatives de la séparation qui pourraient réduire leur plaisir d’être à l’école.»

Lorsque les enfants sont jeunes, ce sont les parents qui sont les mieux placés pour prendre cette décision parce qu’ils connaissent bien la dynamique de leurs jumeaux, estime Gabrielle Garon-Carrier. À mesure que les enfants vieillissent, il faut aussi considérer leurs préférences. «Ce que notre étude montre est que peu importe le choix qui est fait, la réussite scolaire des jumeaux n’est pas affectée.»

jumelles

Les chercheurs ont évalué périodiquement trois indicateurs de réussite scolaire chez plus de 9 000 paires de jumeaux du Québec et du Royaume-Uni âgés de 7 à 16 ans.

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