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Volume 53, numéro 12 | 30 novembre 2017

Actualités UL

Le sport au cœur de la recherche universitaire

L'Observatoire international en management du sport (OIMS) prend son envol à l'Université Laval

Par Pascale Guéricolas

Des représentants du Carnaval de Québec, de Desjardins, du Rouge et Or, de Gestev, mais aussi de Centraide, ont assisté, le 29 novembre au Carré des affaires FSA ULaval – Banque Nationale, au lancement de ce nouveau lieu de recherche. Une conférence sur la commandite et les moyens à utiliser pour en mesurer les retombées faisait partie des activités de la soirée. Le but de l’Observatoire international en management du sport? Mettre en contact des chercheurs de différentes disciplines, de l’Université Laval et d’autres universités, avec des organisations sportives ou des entreprises en lien avec ce domaine économique en pleine croissance.

Manifestement, le monde du sport joue un rôle de plus en plus important dans l’économie. Au Québec, les 27 événements les plus importants, autant dans le domaine sportif que culturel, génèrent des revenus de 370 millions de dollars et emploient 6 300 personnes à temps plein. Ces événements représentent un secteur où les commanditaires se montrent très actifs. Comme l’ont souligné les conférenciers lors de la soirée de lancement, le sport draine 55% des revenus de commandite amassés chaque année au Canada, soit près d’un milliard de dollars. À titre d’exemple, la Banque Scotia va verser 800 millions de dollars sur 20 ans pour renommer le Centre Air Canada, qui accueille actuellement les Maple Leafs de Toronto. Dès juillet 2018, le domicile de l’équipe de hockey deviendra le «Scotiabank Arena».

Le management du sport passionne depuis des années Frank Pons, qui dirige le nouvel observatoire. Très impliqué dans les recherches sur l’expérience-client et le sport-business, le professeur au Département de marketing veut tirer profit de ses relations dans différentes organisations sportives européennes pour créer un véritable pôle de recherche à l’Université Laval. «Très souvent, des étudiants en communication, au MBA ou en économie me contactent, car ils veulent explorer des thèmes comme le droit sportif à travers le monde, le poids économique des retombées du sport ou la façon d’attirer de grandes rencontres sportives à Québec, explique-t-il. Je pense que ce domaine devient un sujet de recherche de plus en plus intéressant.»

Déjà, certaines organisations se montrent intéressées à permettre l’accès à leurs données. La Fédération française de tennis ainsi que le tournoi de Roland-Garros, qui se déroule à Paris, sont prêts à partager leurs fichiers clients. Ces informations pourraient aider Christine Lai, professeure au Département de marketing et membre de l’Observatoire, à développer sa recherche sur les ventes à la billetterie et l’expérience des spectateurs. Une autre des chercheuses de l’OIMS, Andréa J. Woodburn, professeure au Département d’éducation physique, va se pencher, quant à elle, sur le management du personnel sportif, ou autrement dit la façon dont les entraîneurs gèrent les équipes.

Ce type de recherche, très concrète, pourrait d’ailleurs permettre à l’Observatoire de s’impliquer dans la formation des professionnels gravitant autour du monde du sport. «Il existe une grande demande pour des gestionnaires dans les clubs sportifs ainsi que  pour des employés dans les fédérations sportives et dans les entreprises organisant des événements. On souhaite des gens capables de mieux comprendre les développements dans ce milieu, remarque Frank Pons. Nous envisageons donc de mettre sur pied une formation pratique, très liée aux résultats de recherche.»

À en croire le directeur de l’Observatoire, les sujets de réflexion autour du sport ne manquent pas, tant du côté des affaires, de l’intégration hommes – femmes que du mieux-vivre ensemble. Par exemple, certaines équipes canadiennes de judo emploient des entraineuses médaillées aux Jeux olympiques pour démontrer à certaines communautés qu’une jeune fille a autant de talent sportif qu’un garçon. Bien sûr, le volet santé s’impose également. Une recherche très originale est en cours actuellement dans dix pays européens. Des données sont recueillies depuis deux ans pour évaluer le bien-être des amateurs de compétitions sportives à la télévision. Apparemment, ces derniers se perçoivent en bonne santé. Pourquoi? Parce que les matchs ou performances sportives qu’ils suivent régulièrement les rendent heureux!

tennis

Déjà, certaines organisations se montrent intéressées à donner l'accès à leurs fichiers clients, comme la Fédération française de tennis ainsi que le tournoi de Roland-Garros.

Photo: Roman Boed

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