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Volume 52, numéro 26 | 4 mai 2017

Actualités UL

Je suis DD dans mon approvisionnement!

Le Fil présente une série d'articles sur les 10 grandes actions en développement durable que vise l'Université Laval pour les trois prochaines années et qui guideront nos gestes collectifs et individuels. Cette semaine: l'achat et la consommation responsables.

Par Matthieu Dessureault

Il y a AgroCité, la Fromagerie du campus, VIA Agro-écologie, Le Carnivore, la BoULangerie du Comtois… L’offre alimentaire responsable ne manque pas de fiers représentants sur le campus. Chacune à leur façon, ces associations étudiantes incitent la communauté universitaire à consommer local de manière à éviter les transports coûteux et polluants de la nourriture. En avril, un nouveau joueur s’est ajouté: fruit d’un partenariat entre AgroCité et la CADEUL, une installation hydroponique permet désormais au Pub universitaire de faire pousser sa propre laitue. On prévoit aussi la production de fines herbes.

Pour le président d’AgroCité, Benjamin Laramée, ce projet vient démontrer, une fois de plus, la pertinence de l’agriculture urbaine. «Grâce à ce partenariat, la visibilité d’AgroCité a augmenté. Des chefs sur le campus nous ont approchés afin d’offrir, eux aussi, des produits issus de l’agriculture urbaine. Nous voyons ce projet comme une étape de plus vers un campus nourricier. En produisant localement, on contribue à la lutte contre les changements climatiques et on évite le gaspillage et l’utilisation d’engrais et de pesticides.»

Avec son équipe, le doctorant en sciences animales ne manque pas d’idées pour améliorer l’offre alimentaire responsable à l’Université. En plus de la production de légumes, AgroCité fait de l’élevage d’écrevisses, de perchaudes et de la culture de champignons. Elle travaille aussi à la mise en place d’une entité qui réunira plusieurs acteurs de l’agroalimentaire. «Nous sommes en train de consolider nos liens avec toutes les associations étudiantes qui oeuvrent dans ce secteur, ce qui permettra de diversifier notre production et, surtout, de valoriser les déchets de chacun. Par exemple, la microbrasserie Brassta génère beaucoup de drêche, que nous pourrons réutiliser comme engrais pour produire des champignons.»

Tous ces projets s’insèrent dans une stratégie de l’Université qui vise à encourager l’approvisionnement et la consommation responsables. En plus du domaine de l’alimentation, l’établissement a adopté cette approche dans ses activités d’enseignement et de recherche et ses opérations administratives. «La consommation responsable vise à réduire les déchets et les gaz à effet de serre et à éviter l’accumulation de biens. Elle nécessite de penser autrement la consommation, un défi dans une société qui fait la promotion des achats pour faire rouler l’économie», souligne Gale Ellen West, professeure au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation.

Chaque année, l’Université acquiert pour plus de 115 millions$ en biens et en services. D’ici 2018, son but est que 45% de ses achats présentent des avantages de durabilité, que ce soit avec un produit recyclable ou avec un autre qui consomme peu d’eau ou d’énergie. Autre objectif: 53% de la valeur des achats en biens et en services devront être faits auprès de fournisseurs répondant à un critère de durabilité. Il peut s’agir, par exemple, d’une entreprise d’économie sociale, d’une coopérative ou d’un fabricant certifié pour ses bonnes pratiques environnementales ou son respect des droits humains.

Selon Gale Ellen West, l’implication de tous les membres de la communauté universitaire est plus que jamais nécessaire. Des laboratoires aux salles de classe, en passant par les bureaux administratifs, chacun peut faire sa part. «Les exemples de bonnes pratiques sont nombreux: utiliser un stylo avec une cartouche d’encre rechargeable plutôt qu’une quantité farfelue de stylos jetables, ou encore fabriquer des blocs-notes à l’aide de feuilles imprimées d’un seul côté… De tels petits gestes font toute la différence.»

Pour la professeure, l’acquisition de biens et de services dans une perspective de durabilité permet à l’Université d’exercer une influence positive sur les marchés d’approvisionnement. «Cette démarche met une pression sur les fournisseurs pour qu’ils offrent des biens durables. S’ils veulent remporter des contrats de vente ou de service, ces entreprises doivent proposer des solutions différentes qui font avancer la cause de l’Université à un prix abordable.»

La consommation responsable à l’Université, c’est notamment:

  • Une offre alimentaire qui répond aux principes du développement durable
  • Une certification pour les événements écoresponsables
  • Des laboratoires responsables pour encourager les chercheurs à adopter des comportements qui ont un effet positif sur l’environnement

Pour consulter les autres articles de la série DD:


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Le Pub universitaire peut désormais faire pousser sa propre laitue. Très simple d’utilisation, ce système nécessite un entretien d’une dizaine de minutes par jour.
Photo: Marc Robitaille

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Benjamin Laramée, président et directeur technique d'AgroCité, Marjorie Audet, directrice du Pub universitaire, et Vanessa Desrosiers, vice-présidente aux finances et au développement de la CADEUL, devant le nouveau système hydroponique du Pub universitaire.

Photo: Marc Robitaille

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