Le président et chef de la direction de VIA Rail Canada était de passage sur le campus, le lundi 18 avril, pour présenter le projet d’un train à grande fréquence sur voies réservées dans le corridor Toronto-Ottawa-Montréal. La société de la Couronne soumettra sous peu son projet pour examen au gouvernement du Canada.

Yves Desjardins-Siciliano a d’abord eu une rencontre privée avec le recteur Denis Brière et le vice-recteur exécutif et au développement Éric Bauce. «La vision d’affaires du président de VIA Rail est très positive dans une perspective de développement durable et, aussi, pour nos futurs étudiants résidants du corridor Québec-Montréal, qui pourront bénéficier de tarifs et de services très compétitifs», a indiqué le recteur Brière.

Le président de VIA Rail a ensuite rencontré, au pavillon Palasis-Prince, une quinzaine de chercheurs, principalement des directeurs de centres de recherche et des titulaires de chaires de recherche, représentant une demi-douzaine de facultés. Il a terminé sa visite par une conférence grand public au même pavillon.

Devant les chercheurs, Yves Desjardins-Siciliano a précisé que sa présence à l’Université s’inscrivait dans une tournée des villes canadiennes desservies par VIA Rail, entre Vancouver et Halifax. «C’est la première fois que nous rencontrons des chercheurs universitaires durant notre tournée», a-t-il souligné.

Le projet de VIA Rail suscite l’intérêt de nombreux chercheurs de l’Université Laval. La table ronde constituait un premier pas dans l’exploration des avenues possibles de collaboration. Les possibles partenariats pourraient toucher notamment au génie, à l’administration, au droit, au tourisme et à l’aménagement du territoire, dans l’optique du développement durable.

Durant la rencontre, une demi-douzaine de chercheurs ont fait des interventions. Stéphane Roche, vice-doyen recherche de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, a abordé la question de l’acceptabilité sociale avec, comme référence, le projet d’implantation du TGV Ouest, en France. Pour sa part, Christophe Krolik, titulaire de la Chaire de recherche et d’innovation Goldcorp en droit des ressources naturelles et de l’énergie, a posé une question sur l’empreinte carbone des futurs trains de VIA Rail dans le contexte de la nouvelle politique énergétique québécoise. Quant à Yan Cimon, directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprise, la logistique et le transport, il a qualifié le projet de VIA Rail de mobilisateur et de multidisciplinaire, et demandé à quel niveau la société de la Couronne allait pouvoir innover dans ses pratiques. «L’innovation, dans notre projet, passe par la mobilité, a répondu Yves Desjardins-Siciliano. En août 2015, nous avons mis en place une application mobile qui accompagne le passager dans son expérience voyage.»

La flotte de trains de VIA Rail, composée de 160 voitures et de 40 locomotives, arrive à la fin de sa vie utile. Pour la remplacer, la société de la Couronne envisage l’achat de nouveaux matériels, dont des locomotives hybrides électrique et diesel, plus performantes et moins énergivores. On prévoit aussi la construction d’un réseau de rails qui serait exclusif au transport des voyageurs. À l’heure actuelle, les voies de chemin de fer sont partagées avec les trains de transport de marchandises. Le service de train dit «à grande fréquence» permettrait de passer de 6 à 15 le nombre de départs par jour en partance de chaque ville. Le projet vise d’abord le corridor Toronto-Ottawa-Montréal et nécessiterait des investissements de 4 G$. Dans une seconde phase, le réseau serait prolongé jusqu’à London et Québec.

«Un train à grande fréquence électrifié réduirait le nombre de déplacements en voiture de 11% dans le corridor Toronto-Ottawa-Montréal, a affirmé le président de VIA Rail. Une telle réduction équivaudrait à une réduction d’émissions de gaz à effet de serre de 10,8 millions de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone par année.»

Selon lui, une réduction du temps de voyage du tiers peut séduire une bonne partie des quelque 500 000 étudiants de niveau postsecondaire vivant dans le corridor Toronto-Ottawa-Montréal. «L’avenir du voyagement par train passe en partie par la génération Y, a soutenu Yves Desjardins-Siciliano. De nombreux milléniaux ne se pressent pas pour avoir un permis de conduire. La connectivité est prioritaire pour la majorité d’entre eux. En train, ils veulent éviter les délais et pouvoir travailler pendant leurs déplacements.»