Logo Université Laval Logo Université Laval

Volume 52, numéro 23 | 30 mars 2017

Vie étudiante

Trois minutes chrono

Damien Mathis, étudiant au doctorat en sciences du bois, représentera l'Université Laval à la finale nationale de Ma thèse en 180 secondes

Par Pascale Guéricolas

Sur scène, un(e) étudiant(e), une présentation Power Point et un écran d’ordinateur qui égrène le temps. Tous disposent de 180 secondes pour expliquer l’objet de leurs recherches de maîtrise ou de doctorat et séduire le jury composé de quatre professeurs. Les candidats doivent utiliser un langage clair, facilement compréhensible, et se servir d’une présentation visuelle non animée. Inspirée par une pratique en vogue à l’Université du Queensland, en Australie, l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS) a trouvé ce moyen original pour faire sortir de leur tour d’ivoire les étudiants du troisième cycle. «À l’Université Laval, les étudiants à la maîtrise peuvent également participer à cet exercice qui développe les habiletés en communication et en vulgarisation, explique Koassi D’Almeida, qui coordonne cette activité organisée par la Faculté des études supérieures et postdoctorales. Les étudiants ont trois minutes pour captiver l’auditoire et expliquer leur sujet.»

Lauriane Vélot, étudiante au doctorat en biologie cellulaire et moléculaire, a remporté le 2e prix de la catégorie «Doctorat». Elle a choisi l’analogie pour cette compétition amicale. Son but: aider le public à comprendre pourquoi un traitement médical bloque ou non la progression du cancer de la prostate. Intitulée «Tricher pour résister», sa présentation s’inspire des élèves qui copient sur la feuille d’examen de leur voisin pour trouver les bonnes réponses. «Le tricheur, c’est le récepteur qui transmet le message de la prolifération de la tumeur, explique l’étudiante. Parfois, il ne réagit pas aux médicaments, car il a de mauvaises fréquentations dans son environnement.» Passionnée par la vulgarisation, la jeune fille a testé à plusieurs reprises son histoire sur ses amis et sa famille. Elle voulait s’assurer de leur bonne compréhension du contenu scientifique de sa recherche.

Partager avec le public des notions complexes intéresse aussi beaucoup Jean-Christophe Gauthier. «Les scientifiques doivent absolument se faire comprendre du plus grand nombre s’ils veulent que leurs découvertes servent à quelque chose, note l’étudiant au doctorat en physique. Comment pourra-t-on convaincre les gens de prendre des mesures pour contrer les changements climatiques si les chercheurs n’adaptent pas leur vocabulaire?» Sa thèse porte sur un supercontinuum capable de détecter les polluants atmosphériques. Conscient que le titre même de sa thèse peut en rebuter plus d’un, le jeune homme a choisi d’utiliser une métaphore pour expliquer ce phénomène optique. Sur scène, il le compare à un arc-en-ciel capable de mettre en lumière la composition des polluants, dont chacun disposerait d’une empreinte visuelle.

À l’aise devant un public scientifique, Alexia Caillier, qui a remporté le premier prix de la catégorie «Maîtrise», reconnaît que l’exercice de vulgarisation pour cette compétition lui a demandé beaucoup plus d’efforts. L’étudiante en biologie cellulaire et moléculaire tenait à expliquer à des non-initiés son sujet de recherche sur la migration des cellules cancéreuses. «Une personne sur deux au Canada est touchée par cette maladie, et les métastases constituent une des principales causes de décès des cancéreux, rappelle l’étudiante inscrite en session accélérée de maîtrise-doctorat. Il est donc primordial que la population comprenne ce qui se passe dans la cellule.»

Étudiante au doctorat en technologie éducative, Karine Latulippe n’a pas le choix d’expliquer les termes techniques qu’elle utilise. En effet, sa thèse de doctorat est codirigée par une professeure en ergothérapie et une autre de la Faculté des sciences de l’éducation. «C’est facile de rester entre chercheurs d’une même discipline et d’avoir l’air érudit avec des personnes qui ne comprennent pas le jargon, explique la chercheuse. Ma thèse porte justement sur la façon de concevoir des outils en technologie de la santé qui correspondent aux besoins de proches aidants à la recherche de ressources.»

En vulgarisant leurs propos, les étudiants participent au partage de la recherche universitaire à travers tout le Québec. Ils contribuent aussi à faciliter le dialogue entre chercheurs de différents horizons et de différentes universités.

Le gagnant du 1er prix de la catégorie «Doctorat», Damien Mathis –qui a également reçu le prix du public – est un étudiant du Département des sciences du bois et de la forêt. Il va concourir à la finale de l’ACFAS, organisée le 4 mai lors des Journées internationales de la culture scientifique – Science & You, à Montréal. Des candidats d’une douzaine d’universités québécoises vont s’y affronter. Et la personne choisie représentera le Québec lors de la finale internationale à Liège, en Belgique, le 28 septembre.

these-180-credit-Marc-Robitaille

Les quatre gagnants en compagnie des quatre membres du jury. De gauche à droite: Denis Laurendeau, professeur au Département de génie électrique et de génie informatique, Alexia Caillier (1er prix ), étudiante à la maîtrise en biologie cellulaire et moléculaire à la Faculté de médecine, Dominique Payette, professeure au Département d'information et de communication, Damien Mathis (1er prix), étudiant au doctorat en sciences du bois à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, Alain Beaulieu, vice-doyen à la Faculté des études supérieures et postdoctorales, Lauriane Velot (2e prix), étudiante au doctorat en biologie cellulaire et moléculaire à la Faculté de médecine, Alain Faucher, professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses, et Marcel Sévigny (2e prix), étudiant à la maîtrise en physique à la Faculté des sciences et de génie.

Photo: Marc Robitaille

Écrivez-nous
Partagez