Le promeneur le moindrement attentif a probablement remarqué l’agitation qui règne ces temps-ci dans la cité universitaire. Des chantiers, qui totalisent 48M$, battent leur plein depuis le début de l’été. L’objectif: préserver le patrimoine bâti du campus tout en étant tourné vers l’avenir. «L’Université Laval possède un parc immobilier extraordinaire dont nous devons assurer la pérennité pour les prochaines générations. Les travaux visent à rénover et à mettre à jour nos bâtiments et nos infrastructures et à faire évoluer ce milieu en l’adaptant aux nouvelles réalités de l’enseignement et de la recherche», indique René Lacroix, vice-recteur adjoint à l’administration.

Parmi les principaux chantiers, la dernière phase de construction du Centre de données massives est en cours sur la rue de la Terrasse. Ce bâtiment permettra à la fois d’alimenter les autres pavillons en électricité et de soutenir les activités de recherche ayant un lien avec les données massives. La construction s’appuie sur des principes de développement durable, notamment par l’aménagement d’une zone verte à partir des matières issues de l’excavation.

Cet été, on a aussi procédé au remplacement des tours aéroréfrigérantes situées dans la Centrale d’eau refroidie du secteur ouest. La structure, qui avait 50 ans d’existence, soit le double de sa durée de vie utile, a été reconstruite pour accueillir de nouveaux équipements de climatisation de pointe.

Du côté du pavillon Charles-De Koninck, des ouvriers poursuivent les rénovations majeures entamées en 2016. Ce projet, réparti en plusieurs phases, vise autant l’intérieur que l’extérieur du bâtiment. Outre le réaménagement des systèmes mécaniques et électriques et diverses réparations dans les fondations et sur la façade, plusieurs locaux ont été métamorphosés en des salles multifonctionnelles plus lumineuses et favorisant la collaboration.

À tout cela s’ajoutent de multiples projets d’actualisation et de mise aux normes, notamment au pavillon Alphonse-Marie-Parent, où l’on a rénové les ascenseurs, et au pavillon Paul-Comtois, où un processus de consultation est en cours afin de revoir l’aménagement de certains locaux. Les pavillons Alexandre-Vachon, Louis-Jacques-Casault et Jean-Charles-Bonenfant sont aussi appelés à faire l’objet d’améliorations, le tout en collaboration étroite avec les occupants des lieux.

Chantiers majeurs à venir

À plus long terme, d’autres projets contribueront à transformer le visage du campus. L’un des plus importants est la construction d’un complexe scientifique de 83,5M$ qui abritera plusieurs centres d’excellence en recherche nordique. Le pavillon de l’Institut nordique du Québec sera érigé dans l’actuel stationnement près du pavillon Ferdinand-Vandry. Il comprendra des laboratoires, des entrepôts, des salles de visioconférence et des ateliers d’innovation technologique et de préparation des missions nordiques. L’inauguration est prévue en 2023.

Autre projet phare à surveiller d’ici là: la construction de logements universitaires. Ce nouveau bâtiment sera situé près du pavillon Adrien-Pouliot. Il regroupera quelque 200 unités, dont plusieurs pour répondre à la réalité des parents étudiants. En plus de sa vocation résidentielle, il accueillera au rez-de-chaussée des espaces de vie visant à bonifier les services offerts à la communauté universitaire.

Enfin, impossible de passer sous silence le projet de réseau de transport structurant de la Ville de Québec. Il est prévu que le tramway traverse le campus d’est en ouest par la rue de l’Université. Des lignes de trambus devraient aussi parcourir la rue de la Médecine. «Depuis un an, nous travaillons avec le Bureau de projets de la Ville de Québec afin de revoir certains aménagements pour accueillir le tracé, explique René Lacroix. Le réseau de transport structurant est un projet auquel on croit beaucoup. L’Université Laval va devenir un pôle d’échange très important dans la région. Pour nous, c’est une façon d’ouvrir le campus sur notre collectivité d’accueil régionale sans ajouter de voitures.»

L’Université Laval, pour rappel, est propriétaire de ses rues et de ses infrastructures, en plus de gérer l’ensemble de ses réseaux de distribution, dont l’énergie et l’eau. Au fil des années, l’établissement a mis en place une série d’initiatives pour réduire son empreinte écologique, devenant la première université au Canada à atteindre la carboneutralité sans y être obligée par une loi.