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Volume 53, numéro 2 | 7 septembre 2017

Arts

Une invitation au dépaysement

La chargée de cours et doctorante Micheline Lévesque nous offre un premier roman, Vers Saba, incursion dans l’exotique île de Saint-Martin

Par Matthieu Dessureault

Avec sa chaude température, ses plages de sable blanc et ses vallées verdoyantes, Saint-Martin a tout pour faire rêver. Ce décor niché au cœur de l’arc antillais, Micheline Lévesque le connaît bien pour y avoir vécu pendant quelques années. C’est alors qu’elle était assise sur le pont d’un bateau qu’elle a eu envie de dépeindre cette île multifacette où elle a déjà travaillé comme vendeuse de plage.

«Saint-Martin est une île tout sauf tranquille. Sa superficie est à peu près équivalente à celle de l’île d’Orléans, avec une partie française d’un côté et une partie hollandaise de l’autre. Cette île est très touristique, en plus d’être une plaque tournante pour les pirates. J’ai voulu rendre compte de l’atmosphère de cet endroit en y intégrant une histoire d’amour pour aborder la complexité des sentiments humains», dit celle qui a accumulé les voyages avant d’enseigner le français et la création littéraire à l’Université.

Publié chez Québec Amérique, Vers Saba fait partie d’une thèse en recherche-création qu’elle prépare. Le roman raconte l’histoire de Nathalie, une vendeuse de plage québécoise qui fait la rencontre d’un marin avec qui elle rêve de partir. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas ici d’une autobiographie. L’auteure s’est toutefois inspirée de ses pérégrinations et de celles de son conjoint. Par souci d’exactitude, elle s’est énormément documentée sur l’histoire, la situation politique et linguistique, la faune, la flore et la gastronomie de Saint-Martin. Elle décrit ainsi avec justesse l’âme de l’île et la vie de ses habitants.

D’une page à l’autre, les jolies tournures de phrase abondent. Un exemple? «Des branches de palmiers filtrent le soleil sur le transat où je m’étends devant la mer étale comparable à un morceau d’étoffe azur près de la plage, à une ceinture turquoise dans la zone de mouillage, à un fil argenté à l’horizon.»

Poétesse ayant publié dans de nombreuses revues de création, Micheline Lévesque peut passer plusieurs jours à peaufiner un paragraphe ou même une seule phrase. «Sortir du poème et entrer dans le roman, ce fut très long. Le texte est très, très travaillé. Tout est dans le détail. Celui qui lit mon roman à la recherche de l’action sera déçu. Ma force, c’est de rendre compte de la complexité des sentiments dans toutes leurs nuances. Je suis très minutieuse dans mon écriture», souligne celle qui s’inspire de la poésie romantique des 18e et 19e siècles. Elle a aussi été influencée par Marcel Proust et son célèbre À la recherche du temps perdu.

Pour la suite de ses projets, Micheline Lévesque terminera sa thèse avant de renouveler l’expérience du roman. «J’espère que le deuxième sera plus facile à écrire!», lance-t-elle en riant.

 

Pour plus d’information

 

L’équipe du Fil profite de la publication de cet article pour transmettre ses pensées positives aux Antillais, victimes d’un terrible drame causé par l’ouragan Irma.

Micheline Lévesque

Originaire du Saguenay, Micheline Lévesque a déjà vécu à plusieurs endroits, dont Saint-Martin, une île qu’elle a choisie pour camper l’histoire de son premier roman.

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