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Volume 52, numéro 13 | 13 décembre 2016

Actualités UL

Une récolte exceptionnelle

En 2016, pas moins de 9 étudiantes et étudiants au doctorat ont obtenu une des prestigieuses bourses Vanier

Par Yvon Larose

Chaque année, le gouvernement du Canada attribue jusqu’à 167 bourses d’études supérieures Vanier. En 2016, les étudiants de l’Université Laval en ont obtenu neuf. Ces lauréats ont reçu leur bourse de l’un ou l’autre des trois organismes subventionnaires fédéraux, à savoir les Instituts de recherche en santé du Canada, le Conseil de recherches en sciences humaines et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie. Les bourses d’études supérieures du Canada Vanier s’élèvent à 50 000$ par année et sont versées pendant trois ans durant les études de doctorat. Leur attribution tient compte de trois critères d’évaluation: l’excellence universitaire, le potentiel de recherche et les compétences en leadership.

Daniel April – éducation

Daniel April a une formation d’enseignant de français langue seconde. Sa recherche doctorale étudie les pratiques de supervision pédagogique partagées par 35 directions d’établissement de deux commissions scolaires. «La supervision pédagogique, tant individuelle que collective, constitue un processus incontournable pour améliorer de façon marquée la réussite scolaire et éducative des élèves, explique-t-il. Or, la mise en oeuvre d’une supervision pédagogique efficace nécessite des directions d’établissement d’enseignement la maîtrise d’un nombre défini de compétences. Le travail de collaboration entre les milieux de recherche (l’université) et de pratique (les directions) constitue donc une piste d’avenir pertinente.» Selon Daniel April, l’éducation assure la croissance et l’enrichissement social d’une société. «Ma principale motivation à enseigner, souligne-t-il, est de donner à chacun la chance et les outils de devenir plus autonome, responsable et indépendant, bref, de réussir.»

Léa Clermont-Dion – science politique

Essayiste, blogueuse et conférencière, Léa Clermont-Dion consacre sa thèse au sexisme sur le Web. «Le Web est encore un espace en pleine transformation qui évolue extrêmement rapidement, soutient-elle. J’ai envie de comprendre les codes qui régissent les interactions en ligne. L’étude des rapports sociaux de sexe sur les réseaux sociaux m’apparaît fondamentale pour l’amélioration du monde dans lequel nous vivons. Les violences perpétrées dans le cyberespace sont un reflet de notre société. Pourtant, ces discours qui choquent semblent encore échapper à l’entendement. J’ai envie de comprendre cette violence sexo-spécifique.» Léa Clermont-Dion a toujours aimé se poser des questions sur le monde qui l’entoure. «J’ai toujours l’impression d’avoir à apprendre davantage, poursuit-elle. C’est la curiosité qui est le moteur de cette passion pour la recherche. Plus je sais, plus je me sens libre.» Comment entrevoit-elle l’avenir? «J’aime écrire, transmettre et échanger», répond-elle.

Myriam Drouin – chimie

Le grand intérêt de Myriam Drouin pour la chimie remonte au cégep. Aujourd’hui, dans le cadre de ses travaux en chimie organofluorée, elle travaille sur le développement de méthodes de synthèse de protéines fluorées. «Ces mutants fluorés, précise-t-elle, présentent deux intérêts. Premièrement, ils ne sont pas hydrolysables dans les conditions biologiques, donc ils n’entraînent pas de dégradation métabolique. Deuxièmement, l’atome de fluor présente des propriétés très importantes dans le domaine de la résonance magnétique nucléaire.» Ce qui la motive comme chercheuse? «L’aspect multidisciplinaire de mon projet, répond-elle. Je travaille, tout d’abord, sur la science fondamentale, c’est-à-dire le développement de méthodes de synthèse. Puis, les découvertes peuvent être utilisées pour des aspects plus concrets, comme la recherche de médicaments peptidomimétiques.» Myriam Drouin dit beaucoup apprécier le fait d’aider au développement de la recherche en chimie, mais aussi de la société en général.

Pierre-Élie Hupé – sociologie

Au cours des 10 dernières années, Pierre-Élie Hupé a vécu une vie d’engagement constant, que ce soit dans le milieu coopératif, le milieu communautaire ou le milieu étudiant. Il a consacré son mémoire de maîtrise à la projection des jeunes dans l’avenir. Maintenant au doctorat, il étudie les modes d’engagement dans des collectifs fortement intégrés, mais traversés par l’individualisme contemporain. «Je veux, explique-t-il, comprendre la socialité dans les écovillages, ces communautés intentionnelles qui mettent en leur coeur les valeurs de durabilité, d’environnement, une socialité qui remet en question l’individualisme contemporain et une spiritualité généralement tournée vers un déplacement de l’humain – dans et non pas contre – la nature. L’autarcie étant impossible, la question économique se pose toujours dans ces projets pour qu’ils perdurent.» La recherche en sociologie permet à Pierre-Élie Hupé de «participer à sa mesure au changement obligé qui passera sûrement tôt ou tard par la décroissance».

Monica Lavoie – médecine expérimentale

Monica Lavoie a toujours accordé beaucoup d’importance à la communication. À la maîtrise, elle se découvre une passion pour le travail avec la clientèle adulte qui présente des troubles acquis du langage. Sa recherche doctorale vise à explorer l’apport potentiel de la tablette électronique pour combler une importante lacune dans ce domaine dans le système de santé québécois. Selon elle, l’orthophonie permet d’atteindre une intensité optimale dans le traitement des troubles acquis du langage. «Mon projet de thèse doctorale, souligne Monica Lavoie, vise à évaluer l’efficacité d’une thérapie fonctionnelle autoadministrée au moyen d’une tablette électronique pour améliorer la production de mots fonctionnels chez des personnes qui présentent une aphasie, consécutive à un accident vasculaire cérébral ou de nature dégénérative.» La doctorante insiste sur la volonté et la résilience des participants qu’elle côtoie dans ses projets de recherche. «Ils me motivent chaque jour à vouloir aller plus loin pour leur permettre d’avoir la meilleure qualité de vie possible.»

Marc-André Lemay – biologie végétale

Marc-André Lemay entreprendra sous peu son doctorat. Son projet de recherche portera sur l’analyse de données de séquençage de nouvelle génération chez le soya. «Mon rôle, dit-il, sera de développer des outils informatiques permettant de tirer davantage d’informations des données sur le génome de cette plante. Ces données sont obtenues beaucoup plus rapidement qu’auparavant grâce au séquençage de nouvelle génération. De nouveaux outils efficaces de manipulation et d’analyse des données permettront d’améliorer le processus de développement de nouvelles variétés de soya et ainsi de mieux répondre aux défis auxquels fait face le monde agricole.» Si Marc-André Lemay a choisi d’étudier la biologie, c’est en raison de la complexité de la matière vivante. «La perspective, dit-il, de comprendre comment la matière peut s’organiser et évoluer de façon à perpétuer son propre arrangement a toujours suscité ma curiosité.»

Vincent Michaud-Belleau – génie électrique

L’optique est une véritable passion pour Vincent Michaud-Belleau. Dans ses travaux de recherche, il s’intéresse à la spectroscopie optique. Cette technologie est utilisée dans une foule de contextes, notamment le contrôle de qualité de la nourriture. «Mes travaux, indique-t-il, portent sur la lumière d’analyse des spectromètres commerciaux. La plupart du temps, cette lumière est produite par des sources thermiques similaires à des ampoules incandescentes. Or, plusieurs études confirment qu’on aurait parfois avantage à remplacer ces sources par des lasers émettant un train contrôlé de pulses lumineux. Les résultats s’en trouveraient remarquablement améliorés, mais c’est un sérieux défi d’intégration.» Vincent Michaud-Belleau a pour objectif de créer, en tirant profit de progrès récents en miniaturisation optique, un spectromètre robuste et compact. «Il est motivant, ajoute-t-il, de constater qu’il y a encore de l’ouverture dans ce domaine pour les idées de jeunes chercheurs.»

Étienne Rochette – chimie

Étienne Rochette a toujours aimé les sciences exactes, en particulier la chimie. Il est aussi un citoyen sensibilisé aux problèmes environnementaux. Ses travaux de recherche s’inscrivent dans le développement d’une chimie plus «verte». Dans ce domaine, les substances appelées catalyseurs jouent un rôle central. Ils permettent d’effectuer plus facilement des transformations chimiques qui autrement nécessiteraient des conditions difficiles ou seraient simplement impossibles. «Cependant, présentement, la majorité des catalyseurs sont basés sur des métaux nobles coûteux qui, dans certains cas, peuvent présenter des risques pour la santé ou l’environnement, explique Étienne Rochette. Dans l’optique de développer une chimie encore plus verte, nous nous intéressons au développement de catalyseurs constitués uniquement d’atomes non métalliques abondants et non coûteux.» Ce qui le motive comme chercheur? «La place de la chimie dans les sciences, entre les fondements et l’application», répond-il.

Marie-Pier B. Tremblay – psychologie

L’empathie est une fonction psychologique fondamentale qui permet de comprendre et de partager les états affectifs d’autrui. Dans sa recherche doctorale, Marie-Pier B. Tremblay met l’accent sur la distinction entre l’habileté et la propension à l’empathie sur les plans comportemental et cérébral. Son projet s’inscrit dans l’intérêt grandissant pour l’empathie dans le domaine des neurosciences cognitives et sociales. «Mon projet de recherche se divise en trois études, dit-elle, c’est-à-dire deux études comportementales visant à mieux comprendre et à caractériser l’habileté et la propension à l’empathie, puis une étude de neuro-imagerie afin de déterminer les patrons d’activation cérébrale et de connectivité fonctionnelle de ces concepts.» Marie-Pier B. Tremblay a toujours éprouvé une grande curiosité envers l’humain. «Plus j’en apprends, plus je m’aperçois que le rôle du cerveau est colossal et que nous en avons toujours plus à découvrir, autant chez les individus sains que dans les diverses psychopathologies.»

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L'honorable Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, était de passage sur le campus le 10 novembre dernier. Il est ici en présence de 5 lauréats des bourses Vanier: Vincent Michaud-Belleau (doctorant en génie électrique), Marc-André Lemay (doctorant en biologie végétale), Monica Lavoie (doctorante en médecine expérimentale), Étienne Rochette (doctorant en chimie) et Marie-Pier B. Tremblay (doctorante en psychologie).

Photo: Marc Robitaille

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