Logo Université Laval Logo Université Laval

Volume 52, numéro 13 | 16 décembre 2016

Actualités UL

L’Univers à la portée de la main

Un cours en ligne explorera de façon vulgarisée la beauté stupéfiante, la diversité incroyable et l'échelle inimaginable du cosmos

Par Yvon Larose

«Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie.» Au fil des siècles, bien des penseurs, à l’instar du mathématicien Blaise Pascal, ont été inspirés par ces «espaces infinis» qui constituent notre immense Univers. Quelques chiffres, que l’on peut qualifier d’inimaginables, donnent une idée de son gigantisme. Grâce à la science, nous savons que le cosmos a environ 13,6 milliards d’années et que son mouvement d’expansion s’accélère. À elle seule, notre galaxie, appelée Voie lactée, contient plus de 100 milliards d’étoiles, dont la nôtre, le Soleil. L’étoile la plus proche est située à 4 années-lumière de la Terre. Enfin, notre système solaire, constitué du Soleil et d’objets célestes dont huit planètes, existe depuis 4,5 milliards d’années.

À compter du 9 janvier 2017, le Département de physique, de génie physique et d’optique offrira Astronomie: une visite guidée de l’Univers, un cours de culture générale en ligne destiné aux étudiants qui ne sont pas inscrits à un programme de sciences et de génie. Suivre cette formation n’exige aucun préalable en sciences ou en mathématiques. Son titulaire sera le professeur Serge Pineault.

«Nous sommes chanceux, nous les astrophysiciens, car notre science est la plus facile à expliquer», affirme le professeur, dont la thèse de doctorat portait sur les trous noirs. Selon lui, l’Univers exerce sur nous une véritable fascination. «On entend beaucoup parler de tout ce qui est dans le ciel, explique-t-il. L’Univers suscite beaucoup d’intérêt. Il nous touche comme êtres humains. Nous nous voyons comme tout petits. C’est une belle leçon d’humilité.»

L’observation des astres remonte à l’Antiquité. Depuis, la connaissance du cosmos n’a cessé de progresser. Chez les Grecs, Hipparque a construit un catalogue des étoiles visibles à l’oeil nu. Par la suite, Ptolémée a imaginé un modèle de système solaire avec la Terre immobile en son centre, les autres corps célestes décrivant des mouvements circulaires autour d’elle. Ce système a duré près de treize siècles, jusqu’à Copernic. «Les 50 dernières années ont vu un développement absolument extraordinaire des connaissances en astronomie, souligne Serge Pineault. Nous disposons maintenant de télescopes spatiaux capables d’observer le cosmos sous différentes longueurs d’onde.»

Dans son cours, le professeur décrira les propriétés physiques de la lumière. La lumière, qu’il compare à un messager entre l’Univers et l’astrophysicien, est une forme de rayonnement des étoiles. Elle est composée d’ondes électromagnétiques qui vont des ondes radio aux rayons gamma. «Nous pouvons observer et analyser cette lumière à partir d’instruments de plus en plus efficaces», indique-t-il. Les chercheurs utilisent des télescopes optiques et des radiotélescopes sur Terre, ainsi que des télescopes spatiaux en orbite au-dessus de l’atmosphère terrestre, comme Hubble. Son successeur sera le James-Webb, dont la mise en orbite est prévue pour 2018. «Le James-Webb, dit-il, sera situé beaucoup plus loin dans l’espace, dans un environnement plus stable.»

En dépit de ses 100 milliards d’étoiles, la Voie lactée n’est qu’une parmi les milliards d’autres galaxies qui constituent l’Univers. Qui plus est, les étoiles de la taille de notre Soleil sont considérées comme petites. D’autres sont de dimension moyenne. Enfin, il y a les très grosses étoiles qui, en fin de vie, ont comme caractéristique d’être le lieu d’une activité violente causée par un trou noir.

«Un trou noir survient lors de la mort d’une étoile massive, après épuisement de son carburant nucléaire, lequel carburant procure chaleur et lumière aux planètes, précise Serge Pineault. La partie centrale de l’étoile s’effondre sur elle-même. Mais cela n’en fait pas un aspirateur cosmique. Les planètes autour ne voient pas leur orbite ni leur gravitation être modifiées.»

L’étude de notre système solaire abordera inévitablement la «grande question»: les humains sur leur petite planète tournant autour d’une petite étoile normale sont-ils seuls dans l’Univers?

«Il est un peu spéculatif d’avancer qu’il existe des formes de vie intelligente ailleurs, explique le professeur. On peut par contre se dire que la vie peut se développer sur des planètes présentant les mêmes caractéristiques que sur Terre.» Selon lui, cette question est d’autant plus d’actualité que nous connaissons maintenant l’existence de quelque 4 000 planètes situées en dehors de notre système solaire. «Mais, poursuit-il, nous commençons à peine à sortir de notre système au moyen de sondes spatiales. Celles-ci font penser aux premières traversées de l’Atlantique alors que des explorateurs européens partaient à l’aventure. Cet esprit de découverte se poursuivra à l’échelle de l’espace. C’est notre destin d’explorer et de découvrir.»

La période d’inscription au cours Astronomie: une visite guidée de l’Univers se déroule jusqu’au 8 janvier 2017. Plus d’information

telescope

Le cours portera sur différents thèmes liés à l'espace, comme la cosmologie, le système solaire et la vie dans l'Univers. Il touchera aussi à des phénomènes présents sur Terre comme les marées et les éclipses ainsi que l'histoire de l'astronomie.

Écrivez-nous
Partagez
ULaval nouvelles