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Volume 50, numéro 1 | 28 août 2014

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Vacciner ou pas contre le VPH?

Des chercheurs ont mis au point un outil pour aider les pays en développement qui songent à implanter un programme de vaccination contre le virus du papillome humain

Par Jean Hamann

Les pays pauvres ou en voie de développement possèdent maintenant un outil pour les aider à décider s’ils doivent ou non implanter un programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH). «Ce modèle de simulation fera partie d’une trousse que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mettra à la disposition des pays qui s’interrogent sur l’importance d’investir des fonds dans un tel programme», explique le professeur Marc Brisson, de la Faculté de médecine, qui a participé au développement de cet outil.

Ce projet a pris naissance en 2010 lors d’une réunion organisée par l’OMS à Montréal. «Les organisateurs m’avaient invité à titre d’expert en modélisation parce qu’ils étaient à la recherche d’un outil pour aider les responsables de la santé publique des pays pauvres ou en développement à déterminer si un programme de vaccination contre le VPH était un choix judicieux pour eux, précise le chercheur. Il fallait que le modèle soit simple parce que les pays visés n’ont pas l’expertise ni les moyens pour faire rouler des modèles de simulation complexes sur des superordinateurs.»

La question à laquelle le modèle devait répondre était claire et directe: considérant les coûts d’un programme de vaccination et les bénéfices qu’il peut engendrer en matière de vies sauvées et d’années de vie en santé, est-il économiquement rentable de vacciner les jeunes filles de 12 ans contre le VPH? Rappelons que ce virus compte parmi les infections transmises sexuellement les plus courantes. Il provoque des verrues et des lésions génitales, mais aussi des cancers du col de l’utérus. Depuis 2006, deux vaccins contre le VPH ont été mis en marché. Comme ils sont plus efficaces lorsqu’ils sont administrés à des personnes qui n’ont jamais été infectées par ce virus, les campagnes de vaccination ciblent les préadolescentes.

Le modèle mis au point par le professeur Brisson et par ses collègues Mark Jit, de l’Université de Londres, Allison Portnay, de la John Hopkins University, et Raymond Hutubessy, de l’OMS, nécessite des informations somme toute générales, notamment l’incidence du cancer du col de l’utérus, le taux de mortalité dû à ce cancer et le coût du programme de vaccination. Les tests effectués par les chercheurs montrent que leur outil tient la route. En effet, dans un récent numéro de la revue The Lancet Global Health, ils rapportent que les résultats obtenus à l’aide de leur modèle concordent avec ceux de la presque totalité des études coûts-bénéfices réalisées à l’aide de modèles sophistiqués.

L’OMS a manifesté son intention d’inclure ce modèle dans une trousse d’aide à la décision qui sera accessible pour les pays qui envisagent de vacciner contre le VPH. «Il nous reste à créer une interface conviviale ainsi qu’un manuel d’utilisation, précise le professeur Brisson dont l’expertise sera mise à contribution pour la rédaction du guide. Je vais également donner des formations lorsque le modèle sera implanté dans les pays qui participeront au projet pilote de l’OMS.»

Marc Robitaille

L'outil mis au point par Marc Brisson et ses collègues sera inclus dans une trousse d'aide à la décision que l'OMS offrira aux pays qui envisagent la vaccination contre le VPH.

Photo: Marc Robitaille

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