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Volume 54, numéro 6 | 30 octobre 2018

Vaincre sa peur de la blouse blanche

Les 29 et 30 octobre, près de 130 enfants ont expérimenté avec enthousiasme l'Hôpital des nounours, animé par des étudiants en sciences de la santé

Par Pascale Guéricolas

La moyenne d’âge des étudiants en médecine a considérablement baissé en ce matin du 29 octobre dans le grand hall du pavillon Ferdinand-Vandry, qui accueille des enfants âgés de 3 à 7 ans. D’abord ceux d’une garderie puis ceux d’une école primaire, un peu plus tard. Accompagnés de leur toutou préféré, qu’il faut soigner, les praticiens en herbe explorent les différents ateliers qu’une centaine de véritables étudiants en médecine, en médecine dentaire, en sciences infirmières et en pharmacie ont imaginés pour eux.

Pendant que certains vérifient que le bras de leur ourson n’est pas troué après s’être fait vacciner ou lui bandent la jambe, d’autres explorent ses différents organes. «Dans le corps, il y a les poumons et il y a aussi les cheveux», affirme Rouguy du haut de ses 4 ans en saisissant dans ses mains une poignée de fils de laine. «Tu veux dire les intestins», la corrige en souriant Mérédith. L’étudiante de première année en médecine indique à la petite fille les différents organes que la chirurgienne en herbe va découvrir quelques instants plus tard à l’intérieur d’un ourson au ventre grand ouvert, ventre qu’il faudra ensuite refermer.

Pendant que Rouguy recoud avec énergie le toutou étendu sur une table d’opération, ses collègues de jeux écoutent très sérieusement le cœur de leur poupée ou tentent de découvrir à quel animal correspond la radiographie affichée sur un panneau.

«Plusieurs m’ont dit qu’ils avaient bien hâte de découvrir la machine qui fait des radios, raconte Alexis, étudiant de première année en médecine. J’espère qu’ils se souviendront de leur expérience et qu’ils n’auront pas peur quand ils vont vraiment se faire examiner par un radiologue.» Toute cette activité a en effet pour but de démystifier les visites médicales que craignent souvent les enfants, que ce soit chez le dentiste ou devant l’infirmière armée d’une seringue. C’est Élisabeth Richard, étudiante de troisième année en médecine, qui a eu l’idée de cette initiative lors d’un stage de recherche en Italie.

«J’ai entendu parler de l’Hôpital des nounours, que des associations d’étudiants en médecine en Allemagne, en France, en Suisse avaient organisé, et j’ai eu envie de le mettre en place pour les enfants d’ici», raconte la jeune fille dont les parents possèdent une garderie.

Aidée d’une quinzaine d’étudiants-bénévoles, Élisabeth a communiqué avec des garderies et des écoles de la région, qui ont préparé les enfants à cette activité orientée vers la découverte du corps humain par le jeu. Avant de se rendre à l’Hôpital des nounours, chacun des participants a donc imaginé que son toutou souffrait d’un problème de santé précis. Une fois sur place, il faut comprendre comment le soigner et remplir son carnet de santé, une façon de rendre les différentes stations de soin encore plus interactives.

Penchée sur une fausse mâchoire d’enfant, Amélie Dion compte le nombre de dents avec une petite fille qui brosse ensuite la langue de son ourson. «On leur fait manipuler nos instruments et le miroir les impressionne beaucoup, explique l’étudiante en troisième année de médecine dentaire. C’est vraiment une activité intéressante, car généralement notre clientèle est adulte. En plus, cela nous permet de collaborer avec d’autres étudiants en santé sur un projet commun.» Ravis de la réponse des enfants, les étudiants pensent déjà au prochain Hôpital des nounours qui devrait avoir lieu cet hiver.

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Photos: Anthony Fontaine

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Photo: Anthony Fontaine

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