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Volume , numéro | 2 octobre 2018

Recherche

Vers une agriculture durable

La doctorante Marie-Élise Samson propose de stocker le carbone dans les sols agricoles afin de lutter contre les changements climatiques

Par Matthieu Dessureault

Moult études le démontrent: le carbone dans l’atmosphère contribue à l’augmentation des gaz à effet de serre (GES) et au réchauffement de la planète. Que faire? Marie-Élise Samson, doctorante en biologie végétale, propose d’utiliser les sols agricoles pour stocker ce carbone. Non seulement cette pratique pourrait réduire les GES dans l’atmosphère, elle pourrait aussi contribuer à la fertilité et à la santé des sols. «On voit souvent l’agriculture comme une source polluante. Si l’on s’attardait à mieux comprendre les systèmes sol-plante-atmosphère, il y aurait peut-être moyen de faire de l’agriculture une solution plutôt qu’un problème!»

Présent dans les sols sous forme de matières organiques, comme les résidus végétaux et les microorganismes, le carbone est très bénéfique pour la santé des sols agricoles. «Par contre, le défrichage et la mise en culture des sols font en sorte que beaucoup de carbone est rejeté dans l’atmosphère. On sait que les sols agricoles pourraient stocker davantage de carbone, mais on se questionne à savoir comment faire pour qu’il soit retourné au sol et qu’il soit stabilisé», explique la doctorante.

Sa recherche vise à mieux comprendre comment stocker le carbone dans les sols agricoles, tout en stimulant leur capacité à fournir les éléments nécessaires à la croissance des cultures de maïs, de blé et de soya. Pour ce faire, la chercheuse teste diverses pratiques de fertilisation et de conservation des résidus de culture. Les travaux, qui se déroulent en partie à la Station agronomique de Saint-Augustin, sont faits avec une équipe du Département de phytologie et d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Le projet compte aussi comme partenaires Agrocampus Ouest et l’Institut national de la recherche agronomique, en France.

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Avec des experts en modélisation de systèmes biologiques, Marie-Élise Samson tente de déterminer les meilleures pratiques agricoles à mettre de l’avant. «Il faut tenir compte de plusieurs aspects, dont le type de sol et le climat. Par exemple, une pratique pourrait permettre de stocker plus de carbone dans un milieu sec, mais avoir l’effet inverse dans un climat humide et froid comme celui du Québec. Nous essayons de raffiner des outils de prédiction qui permettront de tenir compte de tous les paramètres et de se projeter sur le très long terme.»

Récemment, le projet de Marie-Élise Samson a été auréolé d’une bourse d’études supérieures du Canada Vanier. L’étudiante a aussi reçu la bourse Laure-Waridel d’Équiterre. Ces deux bourses prestigieuses lui permettront de faire avancer sa recherche et de sensibiliser les producteurs agricoles, les étudiants en agriculture et le grand public à l’importance de l’agriculture durable.

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Si Marie-Élise Samson s'intéresse à la santé des sols agricoles, c'est autant pour des questions d'environnement que d'économie et de sécurité alimentaire.

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