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Volume 53, numéro 27 | 10 mai 2018

Actualités UL

La ville verte de l’Arthabaska

Victoriaville doit son succès en développement durable à l'éducation des jeunes, à l'implication citoyenne, à l'entraide et au leadership municipal

Par Yvon Larose

Cette année, 25 étudiantes et étudiants, tous finissants de la maîtrise en aménagement du territoire et développement régional, ont mené sept projets de recherche sur la ville de Victoriaville et ses environs dans le cadre de l’Essai-laboratoire en aménagement et développement. Le 4 mai, au pavillon Ferdinand-Vandry, ils ont présenté les faits saillants de leurs travaux menés durant les sessions d’automne et d’hiver. Dans l’un de ces projets, les étudiants Vincent Dricot, Lounès Félicin et Dominique Gagnon, supervisés par la professeure Geneviève Cloutier, ont exploré la dimension «verte» de ce chef-lieu de la MRC d’Arthabaska. Cette ville est reconnue comme le «berceau du développement durable» au Québec grâce aux nombreux efforts effectués dans le domaine du recyclage et de l’environnement, et ce, depuis les années 1970.

Les étudiants ont analysé des documents et des sites officiels, ils ont fait des entretiens semi-dirigés auprès de répondants-clés et ils ont assisté à des ateliers de discussion.

«Lorsqu’on pense au développement durable, on pense aux grandes villes, explique Lounès Félicin. Le développement durable dans une petite ville de 46 000 habitants comme Victoriaville peut paraître difficile à mettre en œuvre. Pourtant, depuis une trentaine d’années, les autorités essaient et réussissent à vendre cette image d’une ville de développement durable, avec plein d’activités de récupération et de recyclage.»

Victoriaville est réputée pour sa qualité de vie, pour son côté novateur et technologique ainsi que pour la proximité qu’entretiennent les acteurs de la vie municipale avec les citoyens au moyen de démarches participatives. Dans cette ville, la dynamique locale en matière de développement durable s’appuie sur un tissu social «tissé serré».

«Les jeunes s’initient au développement durable dès l’école primaire, indique Lounès Félicin. Ils apprennent des concepts tels que le compostage, le respect de l’environnement et le recyclage. Parce qu’elle est tissée serré, la population a fait le choix de la cohésion sociale, du consensus. Les leaders locaux, eux, jouent le rôle de rassembleurs, de porte-paroles du développement durable, en particulier le maire.»

Le côté «vert» de Victoriaville s’incarne notamment dans le Centre de formation en entreprise et récupération Normand-Maurice. Ce centre axé sur l’environnement accompagne les jeunes en difficulté en leur offrant une formation préparatoire au marché du travail. À l’Hôtel de ville, la flotte de véhicules municipaux se meut à l’électricité. Des programmes encouragent la rénovation des bâtiments. Plusieurs espaces verts ont vu le jour dans la municipalité. Règle générale, la Ville apporte son soutien aux activités DD issues du dynamique milieu communautaire. La communication avec les citoyens passe par des sites Internet, des comptes sur les réseaux sociaux et les médias traditionnels.

Selon Lounès Félicin, le développement durable semble faire consensus dans la population. Une majorité des répondants à un sondage mené par les étudiants se disent satisfaits de la collaboration de la Ville et fiers de vivre dans un endroit qu’ils jugent à échelle humaine, où les liens sociaux sont forts et où il est facile de s’engager socialement. Une ville où les initiatives citoyennes sont habilement mises en valeur par les élus.

«À Victoriaville, ajoute-t-il, le développement durable, pour les citoyens, se résume à protéger l’environnement. Ainsi, on économise l’eau, on fait le tri des matières résiduelles. Mais la municipalité fait beaucoup d’efforts pour développer les deux autres volets du DD: l’économique et le social. Elle veut faciliter la venue d’entreprises. Elle veut aussi faciliter la venue et la rétention d’immigrants.»

Sur le plan urbanistique, la municipalité continue de s’étendre. «Elle s’est pas mal étalée sur des terres agricoles au fil des années, dit-il. Certains des nouveaux quartiers sont peu durables, notamment parce qu’ils sont “tout-à-l’automobile”.»

L’étude révèle que les projets DD sont ponctuels, la plupart en lien avec la récupération et le recyclage. «Comme si on cherchait à rester en surface, pour éviter de bousculer les habitudes», écrivent les auteurs dans leur rapport. Lounès Félicin renchérit. «C’est un choix de la population, souligne-t-il. On évite les éléments de chicane, on évite ce qui ne fait pas consensus.»

Selon les auteurs du rapport, les décideurs locaux gagneront à accorder plus de place aux débats afin «de pousser le projet DD plus loin et de manière cohérente. Cela voudra dire faire face à la critique et gérer d’éventuelles tensions. Cela passera aussi par une planification stratégique globale.»

La professeure Cloutier va dans le même sens. «Victoriaville, écrit-elle dans le rapport, gagnerait à oser avoir plus d’attentes en matière d’urbanisme durable. En se donnant des critères de performance à grande échelle, allant au-delà de la maison et des habitudes individuelles, le chef-lieu d’Arthabaska pourrait tracer le chemin à suivre tant pour les autres municipalités que pour la collectivité.»


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Les étudiants Lounès Félicin, Vincent Dricot et Jean-Philippe Michaud en compagnie d’Yvon Camirand. Ce dernier, un enseignant retraité de Victoriaville, leur parle de l’activité pédagogique Un Arbre – Une Vie visant à développer la conscience sociale des élèves du primaire et leur implication dans la protection de l’environnement.

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Le Jardin des rendez-vous, l'un des nombreux espaces verts de Victoriaville.

Photo: Ville de Victoriaville

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