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Volume 53, numéro 28 | 22 mai 2018

Actualités UL

Vivre le vivre-ensemble!

Le Centre de recherche Cultures-Arts-Sociétés invite la population, le 16 juin, à sa toute première université populaire, qui réunira chercheurs, artistes, acteurs communautaires et grand public autour du vivre-ensemble

Par Pascale Guéricolas

Déjà très ouvert sur les communautés, le Centre de recherche Cultures-Art-Sociétés (CELAT) propose, le 16 juin, un événement festif, familial et gratuit sur le thème du vivre-ensemble. Tenue à la place de l’Université-du-Québec, cette rencontre entre chercheurs, professeurs, artistes et acteurs communautaires a pour but de faire tomber les barrières et les préjugés qui isolent les citoyens et les dressent les uns contre les autres. «Au CELAT, nous sentons une montée des tensions et des craintes depuis quelque temps au Québec, que ce soit par les manifestations contre l’immigration illégale ou le débat public autour des commémorations de la première année de l’attentat contre la mosquée, explique Madeleine Pastinelli, directrice du Centre et professeure au Département de sociologie. Voilà pourquoi nous proposons cette université populaire afin de renforcer le débat public et de permettre de faire tomber quelques fausses croyances.»

Au menu de cette rencontre figurent des thèmes comme l’histoire, les autochtones, l’immigration et les réfugiés, la religion et la laïcité, mais aussi un spectacle musical avec Karim Ouellet, des installations artistiques et des ateliers pour enfants. Cette université populaire, qui se déroulera en partie sous un chapiteau et dans des kiosques extérieurs, n’a donc rien d’une activité universitaire classique avec grandes conférences. Les chercheurs ont carte blanche pour permettre aux citoyens de démonter quelques mythes ou idées reçues en usant de créativité et d’imagination.

Les sociologues de l’Université Laval Richard Marcoux et Charles Fleury, accompagnés de leur collègue géographe Danièle Bélanger, ont, par exemple, imaginé un jeu-questionnaire sur l’immigration. Leurs questions visent à dépoussiérer certains mythes sur la prétendue homogénéité de Québec. «Les données fournies par les recensements montrent clairement la forte présence irlandaise au 19e siècle et l’importance de la communauté anglophone, note Richard Marcoux. Des familles syriennes avaient même choisi Québec comme terre d’accueil dès cette époque.»

Les chercheurs promettent une expérience très interactive avec le public puisque les réponses fournies par les spectateurs s’afficheront en temps réel sur grand écran. De son côté, Dominique Lachance, directrice du Centre multiethnique de Québec, présentera au public le point de vue des réfugiés quand ils arrivent à Québec, en l’invitant à se mettre à leur place lorsqu’ils découvrent leur société d’accueil.

D’autres activités visent à plonger les spectateurs dans une réalité différente, le temps d’un débat sur la façon dont les autochtones se sentent perçus par les allochtones ou d’une rencontre-spectacle. Ainsi, la chorégraphe Chantal Bonneville bouscule les idées reçues sur les handicapés avec sa troupe de danse en fauteuil roulant,  Gang de Roue. Mouloud Boukala, professeur à l’École des médias à l’UQAM et membre du CELAT, présentera, pour sa part, deux courts-métrages qui témoignent du mode de vie d’étudiants en situation de handicap.

Événement rassembleur, l’université populaire s’adresse aussi aux jeunes et aux adolescents grâce à l’atelier de fouilles archéologiques animé par les professeurs en archéologie de l’Université Laval Allison Bain et Réginald Auger, ou encore à celui sur le jeu offert par l’anthropologue Célia Forget.

La construction de fausses nouvelles devient également un thème incontournable en ces temps de partage d’informations pas toujours fiables sur les réseaux sociaux. Ainsi, Katharina Niemeyer, professeure à l’École des médias et chercheuse au CELAT, propose aux jeunes de 12 à 16 ans d’inventer une «fausse bonne nouvelle» du futur et de la proposer sur le site Web de l’université populaire à partir du 7 juin. À la clef pour la création de cette nouvelle crédible, originale et bien sûr utopique, des abonnements numériques offerts par le quotidien Le Devoir. «Le public sur place pourra lui aussi proposer de fausses bonnes nouvelles, indique la chercheuse. C’est une façon ludique de démonter la façon dont certains construisent de fausses informations. Dans l’atelier, nous utiliserons aussi des outils mis au point par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et l’Agence Science-Presse, comme le mot-clic #30sec avant d’y croire.»

Le 16  juin, de 10h à 21h, au croisement du boulevard Charest Est et de la rue de la Couronne. Plus d’information

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